Sondage exclusif : Vote et religions

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Le sondage IFOP-Pèlerin révèle que, sur l'ensemble des catholiques, les pratiquants (seulement 15%) et pratiquants réguliers (12%) sont moins tentés par le parti d’extrême-droite. © Crédit GODONG / BSIP/ AFP
Sondage exclusif : Vote et religions
Le sondage IFOP-Pèlerin révèle que, sur l'ensemble des catholiques, les pratiquants (seulement 15%) et pratiquants réguliers (12%) sont moins tentés par le parti d’extrême-droite. © Crédit GODONG / BSIP/ AFP

En passant par l’isoloir, les électeurs sont-ils influencés par leur appartenance religieuse ? Alors que certains veulent instrumentaliser le vote catholique – entre autres –, le sondage exclusif IFOP-Pèlerin révèle comment les différentes confessions choisissent leurs candidats.

À propos de l'article

  • Publié par :Christophe Henning
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    Pèlerin.com. Le 24 avril 2017.

On le sait, une majorité de catholiques votent traditionnellement à droite. Le premier tour de la présidentielle de 2017 n’a pas dérogé à la règle, en dépit des « affaires » entachant le candidat issu des primaires de la droite et du centre. Ainsi, alors qu’il récoltait 20% des suffrages exprimés, ce qui le plaçait en troisième position, François Fillon était soutenu par les catholiques (28% d’entre eux) et davantage encore plébiscité par 55% des catholiques pratiquants réguliers.


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On s’étonnait de l’importance donnée à l’engagement du mouvement Sens commun auprès du candidat Fillon dans les derniers jours de la campagne du premier tour, mais l’électorat catholique est en effet stratégique pour la droite républicaine.





Orphelins pour le second tour, comment se comporteront les catholiques de droite ? A hauteur de 22%, ils votent autant que la moyenne des Français pour la candidate du Front national. Sauf… Sauf les catholiques pratiquants (seulement 15%)  et pratiquants réguliers (12%) moins tentés par le parti d’extrême-droite.


Les catholiques pratiquants (seulement 15%)  et pratiquants réguliers (12%) moins tentés par le parti d’extrême-droite.

Alors que les chefs des Républicains appellent à un report de voix vers Emmanuel Macron, il se pourrait bien que Marine Le Pen – sa nièce Marion Maréchal Le Pen aidant – récolte une part de cet électorat catholique qui renâcle à suivre En Marche !… La discipline républicaine avait bien fonctionné quand les socialistes avaient voté pour Chirac en 2002 : le catholiques de droite pourraient être moins bien disposés.


L’électorat musulman a reporté très fortement ses voix sur Jean-Luc Mélenchon, à hauteur de 37%.

On ne s’étonnera pas du mauvais résultat de Marine Le Pen auprès de l’électorat musulman (5%) qui se reporte très fortement sur Jean-Luc Mélenchon, à hauteur de 37% quand le candidat de la France insoumise approche les 20% des suffrages en global. Traditionnellement à gauche, cet électorat musulman porte 17% des voix à Benoit Hamon qui perd totalement ou presque le vote catholique : quand François Hollande réunissait 24,5 % des suffrages des catholiques, il n’en reste plus que 4% en 2017. Tout simplement parce que les « cathos de gauche » se sont massivement ralliés à Emmanuel Macron, mettant l’ensemble des catholiques au même niveau que l’ensemble de l’électorat (22%). Ce sont les protestants qui, à hauteur de 30%, se prononcent clairement pour le candidat de En marche !


Les « cathos de gauche » se sont massivement ralliés à Emmanuel Macron, mettant l’ensemble des catholiques au même niveau que l’ensemble de l’électorat (22%)

Reste la répartition des électeurs se déclarant « sans religion », qui n’ont manifestement pas vocation à suivre les partis classiques puisqu’ils se répartissent entre Jean-Luc Mélenchon (28%), Emmanuel Macron (24%), et Marie Le Pen (23%). Pratiquement absent des partis historiques, l’électorat « sans religion » vote aux extrêmes ou refuse le vieux clivage gauche-droite.


Pratiquement absent des partis historiques, l’électorat « sans religion » vote aux extrêmes ou refuse le vieux clivage gauche-droite.

Séduire l’électorat ancré dans une pratique religieuse semble bien l’apanage des partis installés. Mais les personnalités charismatiques des candidats surprise de 2017 (Mélenchon ou Macron) redessinent le paysage politique. Les religions feront-elles partie des nouveaux espoirs qui se profilent ? Il est certain que, face à Marine Le Pen, le registre d’Emmanuel Macron intègre davantage la dimension spirituelle, aussi bien dans les discours que dans un programme « inspiré » par les valeurs humanistes.


L'enquête IFOP pour Pèlerin du 23 avril 2017 :

 

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Paru le 12 octobre 2017

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