Séisme au Mexique : "Le plus dur, c'est de ne pas avoir de nouvelles des proches"

Maëlle, 32 ans, Française vivant au Mexique depuis dix ans, raconte le tremblement de terre du 19 septembre 2017.

À propos de l'article

  • Créé le 21/09/2017
  • Publié par :Sabine Harreau
  • Édité par :Sabine Harreau
  • Publié dans Pèlerin
    21 septembre 2017

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Le jour du tremblement de terre, j’étais au travail dans le quartier de Polenco, dans l’ouest de Mexico, au treizième et dernier étage d’un immeuble. À 11h, nous avons fait, comme chaque année, un exercice de simulation, organisé dans toute la ville. Nous sommes montés sur les toits pour vérifier les accès de secours.

La secousse a duré une bonne minute, cela a été long, très long.

Deux heures après, c’était une vraie alerte. À 13h14, la terre a commencé à trembler.

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Généralement, l’alarme de la ville précède la secousse. Cette fois, le tremblement a eu lieu avant la sirène. La majorité des salariés est repartie sur le toit. La secousse a duré une bonne minute, cela a été long, très long.

Ensuite, tout l’immeuble a été évacué. Nous sommes situés dans une grande avenue : les personnes se sont placées dans l’espace entre les deux voies de la rue. Nous n’avons pas eu le droit de regagner l’immeuble. La protection civile doit passer avant, pour vérifier s’il n’y a pas de risque. Quelques uns d’entre nous sont quand même allés récupérer des clés, des sacs à main... 

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Ensuite nous sommes rentrés chez nous, vite, pour ne pas gêner les secours. J’ai pris dans ma voiture deux collègues. À Mexico, il y a des bouchons tout le temps et là, les transports en commun étaient interrompus. J’ai mis 1h30 au lieu de 40 minutes. Mon immeuble n’a pas été touché.

Le plus dur, c’est de ne pas avoir de nouvelles des proches.

Le plus dur, c’est de ne pas avoir de nouvelles des proches. Internet ne fonctionnait plus, les lignes téléphoniques étaient saturées. C’est par des amis de France que j’ai eu des informations. Ils étaient mieux renseignés que nous ! Ensuite par les réseaux sociaux, il y a eu beaucoup d’appels pour enlever les décombres, préparer des sandwichs, apporter des médicaments, des lampes de poche, et  aussi pour que des personnes ayant une moto ou un vélo, puissent transporter des infirmiers bloqués dans les bouchons. Même si la consigne était de rester chez soi, pour ne pas gêner les ambulances et les secours. 

Avec les salariés de mon entreprise (nous sommes 45), nous avons décidé de nous retrouver le lendemain pour préparer des sandwichs pour les sauveteurs. La solidarité est vraiment ancrée dans la mentalité mexicaine. Tout le monde a envie de s’entraider.

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Paru le 19 octobre 2017

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