Qui sont les anges gardiens de nos assiettes ?

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L’Anses (Agence nationale de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) se veut rassurante sur les effets sur notre santé de la consommation d’œufs contaminés au pesticide Fibronil. Explications.

À propos de l'article

  • Publié par :Estelle Couvercelle
  • Édité par :CP
  • Publié dans Pèlerin
    25 août 2017

Le scandale des œufs contaminés au pesticide Fibronil, qui secoue la France et bien d’autres pays ces dernières semaines, jette un voile de soupçon sur un des aliments les plus courants dans nos assiettes. Sollicitée pour évaluer les risques liés à l’exposition à une substance chimique qui n’aurait pas dû être présente, même à une dose infinitésimale, dans nos assiettes, l’Anses a mobilisé ses experts, au début du mois, pour répondre à cette question : « Les œufs que nous consommons sont-ils dangereux pour notre santé ? »

Un pesticide dans nos aliments

Des centaines de milliers d'œufs contaminés par le Fibronil ont été vendus… et consommés. Ce dernier est un pesticide, bien connu des vétérinaires, et plus précisément de nos chiens ou de nos chats qui ont l’habitude d’avoir affaire à ce produit de base pour les colliers antipuces.

Le Fibronil n'a donc pas lieu d'être présent dans les aliments destinés à la consommation humaine. Pourtant, des escrocs n’ont pas hésité à l’intégrer dans la composition d’un traitement utilisé dans les poulaillers pour éradiquer les poux rouges. Ces petites bestioles ont une fâcheuse tendance à gêner la ponte des œufs. Des éleveurs de volailles des Pays-Bas et de Belgique ont été dupés par ce produit dit « miraculeux ».

Conséquence : des traces de ce pesticide se sont retrouvées dans des œufs issus des élevages de ces deux pays, mais aussi, au gré de la chaîne de transformation des produits alimentaires, dans des plats préparés et autres gâteaux vendus dans les États voisins et même jusqu’en Asie. Bref, de quoi avoir la chair de poule quant à l’ampleur de la propagation des aliments touchés.

Des expertises à réaliser en toute urgence

En France, le ministère de l’Agriculture a saisi, le 7 août dernier, les experts de l’Anses. Sa mission : évaluer les risques sur la santé humaine de la consommation d’œufs contaminés. « Il a fallu travailler très vite. Les équipes d’experts dans nos laboratoires ont été mobilisées pour rendre un avis dans les 48 heures », raconte le docteur Françoise Weber, directrice générale déléguée en charge du pôle produits règlementés de l’agence.

Leurs conclusions se veulent rassurantes : compte-tenu des concentrations de Fipronil observées à ce jour dans les produits contaminés et la toxicité de la substance incriminée, « le risque de survenue d’effets sanitaires apparaît très faible », est-il indiqué dans l’avis de l’Anses rendu public le 11 août dernier.

Comment l’Anses a travaillé ?

Cette agence a l’habitude d’être sollicitée par les pouvoirs publics pour évaluer la toxicité d’un produit de consommation. Pour les œufs contaminés au Fibronil, il a fallu que ses experts répondent à la question suivante : quelle est le nombre maximum d’œufs contenant cette substance qui peuvent être consommés chaque jour sans qu’un adulte ou un enfant encoure un risque pour sa santé ?

L’Anses s’est donc appuyée sur des études nationales de consommations alimentaires par classe d’âge qu'elle a à sa disposition. Par ailleurs, l’agence est partie de l’hypothèse que les œufs contaminés contenaient la concentration maximale de Fibronil détectée à ce jour, à savoir 1,2 milligramme par kilo.

« La neuro toxicité du Fibronil ne se manifeste qu’à des fortes doses, souligne le docteur Françoise Weber. Et les premiers signes sur la santé sont bénins : des irritations, des nausées ou encore des vomissements. Pour l’heure, aucune de ces pathologies n’a été observée », assure-t-elle.

L’Anses a communiqué un tableau de référence pour connaître le nombre d’œufs contaminés qu’il est possible de manger au quotidien sans risque. La quantité varie selon l’âge et le poids.

Age

Poids corporel moyen en kg

Nombre d’œufs maximum

Adultes

70

10

De 11 à 17 ans

54

8

De 3 à 10 ans

25

3

A 3 ans

14,5

2

1 à 3 ans

12,4

1

 

Des études toujours en cours

« Nous sommes en train de finaliser nos analyses pour les produits alimentaires à partir d’œufs », déclare le docteur Françoise Weber. D’autres facteurs seront pris effectivement en compte, comme la dilution des œufs dans des préparations. Les experts de l’Anses restent donc toujours en alerte. Au fur et à mesure des résultats d’analyse qui leur parviendront, ils continueront à évaluer les risques sur notre santé liés à la contamination des aliments contenant du Fibronil.

« Il n’en demeure pas moins que toute fraude à la qualité de l’alimentation est inacceptable », insiste le docteur Françoise Weber. En France, le ministère de l’Agriculture met régulièrement à jour la liste des produits retirés de la vente. En effet, même si leurs effets sur la santé sont bénins, tous les produits contaminés doivent être retirés de la consommation. Et cette vaste opération est toujours en cours.


Ressources Web pour en savoir plus

► Le site Web du ministère de l’Agriculture pour connaître la liste des produits retirés à la vente : http://agriculture.gouv.fr/

► L’Anses remet régulièrement à jour ses avis sur les conséquences sur la santé de la consommation d’œufs contaminés au Fipronil :

https://www.anses.fr/fr

Et dans l’édition du 24 août 2017 de Pèlerin : « Œufs contaminés : pourquoi un tel scandale ? »

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Paru le 21 septembre 2017

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