Handifashion : un défilé très stylé

Des mannequins en fauteuil roulant ? Pour sa deuxième édition parisienne, le défilé Handifashion a prouvé que la haute couture était accessible à tous. Pèlerin était au premier rang… et en coulisses.

À propos de l'article

  • Créé le 27/06/2014
  • Publié par :Agnès Chareton
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6865, du 26 juin 2014.

Paillettes, projecteurs et musique électronique ont investi la mairie du IVe arrondissement de Paris. Une jeune femme s’avance, poussant les roues de son fauteuil avec ses bras frêles. Coiffée, maquillée, en robe de soirée, elle pose un instant devant les caméras.

Tonnerre d’applaudissements. En cette chaude soirée de juin, la deuxième édition parisienne de Handifashion a fait salle comble. Des jeunes femmes et des jeunes hommes, handicapés et valides, ont arboré les collections chatoyantes de plusieurs créateurs parisiens.

Leur objectif : promouvoir un autre regard sur le handicap. Créé en 2012 à Aubagne par un étonnant duo d’amis – Corinne Tonarelli, professeur à l’IUT d’Aix-en-Provence et Charly Valenza, atteint de la maladie des os de verre et militant pour les droits des personnes handicapées – ce défilé pas comme les autres a très vite essaimé.

►Vidéo. Au cœur de la 2e édition du défilé Handifashion. Voir la vidéo sur Youtube ici !

En 2014, trois défilés ont eu lieu à Aubagne, Aix-en-Provence et Paris. Le secret de cette réussite ? « Nous voulions que des personnes valides et handicapées défilent ensemble », insiste Corinne Tonarelli. Une manière de gommer les différences sur le podium. Pas question donc de présenter des vêtements « pour personnes handicapées ».

« Défiler est un moyen de montrer ma féminité »

Les modèles défilent avec des pièces haute couture. « Je veux montrer qu’une femme en fauteuil roulant peut être belle, séduisante », affirme Magali, 28 ans. Son parcours impressionne : malgré son handicap, la jeune femme est danseuse et comédienne. « Défiler est un moyen de montrer ma féminité », assure-t-elle.

À Paris, ce sont les étudiants de Mod’Spé qui ont porté l’événement, soutenus par le ministère de la Culture et la Fédération française du prêt-à-porter féminin. Un défi humain et logistique. « Pour la première édition, peu de personnes croyaient en notre projet, nous étions un peu déboussolées », raconte Shamaa, organisatrice du précédent défilé.

« Le résultat était tellement professionnel que nous avons été contactées par des créateurs qui voulaient participer à la prochaine édition », s’enthousiasme la jeune femme. Cette année, trois étudiants de Mod’Spé ont repris le flambeau, dont Nicolas. « Nous voulons montrer que le fauteuil roulant, c’est juste un accessoire, comme un sac à main ! »

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Paru le 4 janvier 2018

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