Serge François, miraculé de Lourdes : "C'est Dieu qui m'a guéri à Lourdes"

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Serge François © Js Evrard / SIPA
Serge François
Serge François © Js Evrard / SIPA

Serge François est le 68e miraculé de Lourdes. Handicapé à la suite d'une opération, il raconte sa guérison, reconnue par l'Église et proclamée, le 27 mars 2013, par Mgr Emmanuel Delmas, évêque du diocèse d'Angers (Maine-et-Loire).

À propos de l'article

  • Créé le 05/06/2013
  • Modifié le 05/06/2013 à 12:00
  • Publié par :Karem Bustica
  • Édité par :Marine Bisch
  • Publié dans Pèlerin
    6697, du 7 avril 2011

Fleurs fraîchement coupées, nappes repassées et eau (de Lourdes !) au bénitier, la chapelle de Notre-Dame-de-la-Salette, à La Salle Aubry, village du Maine-et-Loire, est proprette et bien tenue.

Chaque soir, à la tombée de la nuit, assis sur le deuxième banc, Serge François se recueille. Il allume une petite bougie en couleur au pied de la statue de la Vierge de Lourdes posée sur l'autel et il prie « une ou deux dizaines de chapelet » pour des personnes qui lui ont demandé de le faire pour elles.

Car, depuis dimanche dernier, Serge François, 64 ans, est reconnu par l'évêque de son diocèse, Mgr Emmanuel Delmas, comme ayant bénéficié d'une guérison à caractère « remarquable ».

Jusqu'au 9 mai 1997, Serge François mène une vie très active avec sa femme et leurs trois enfants. Artisan TV, hi-fi, vidéo, il travaille chez lui dans son atelier. Serge François monte des antennes, dépanne des téléviseurs pour une vaste clientèle.

Entretenir son pavillon, s'occuper de son jardin et de ses fleurs, voilà ce qu'il aime faire de ses loisirs. Il trouve aussi du temps pour se rendre à Lourdes chaque année comme hospitalier, pour aider les malades à vivre leur propre pèlerinage. Jusqu'au jour où tout bascule.

Une complication provoque une paralysie
Le 10 mai 1997, Serge François tombe brutalement malade, avec des problèmes de dos. Après une série d'examens, il subit une intervention chirurgicale sur la colonne vertébrale. « Il fallait opérer une hernie discale. À l'époque, on me disait : 'Dans trois mois, vous serez remis et vous reprendrez votre travail.' Je n'ai jamais retravaillé... Jusqu'en 2002. »

Car une complication pendant l'opération provoque une paralysie partielle de la jambe gauche et laisse Serge fortement handicapé. « Tout allait bien et soudain, tout a basculé. Les médecins ont été désolés, bien sûr. Moi, doublement ! » Dès lors, le quotidien de Serge est rythmé par un traitement aussi lourd qu'inefficace. Des patchs et des injections parviennent tout juste à apaiser la douleur.

« J'étais devenu une charge pour ma famille. Toujours à mes côtés, ma femme s'occupait de tout. Mes enfants souffraient, en silence, sans rien laisser paraître. Mes amis s'éloignaient de moi. C'était un cauchemar. »

 Vendredi 12 avril 2002. Serge, qui n'a pas renoncé à son service parmi les hospitaliers, continue d'aller régulièrement à Lourdes, aidant des brancardiers en fonction de son état. Ce jour-là, il fait froid et il pleut, comme souvent à Lourdes en cette saison. Serge se rend à l'église Sainte-Bernadette pour y recevoir l'onction des malades.

« À la fin de la cérémonie, ma voisine s'est mise à pleurer, me confiant comment son époux la rejetait depuis le début de sa maladie. J'ai essayé de la réconforter en lui soufflant que Marie était avec nous, et qu'elle veillait sur nous. »

Aux fontaines, il boit de l'’eau et se lave le visage
Le soir, Serge assiste à la procession aux flambeaux depuis son hôtel. « J'aime beaucoup cette procession. Depuis ma fenêtre, je voyais toute la caravane illuminée. » Soudain, Serge est comme poussé vers la Grotte. Il est environ 23 heures quand il se place presque au même endroit où priait Bernadette.

« Comme elle, je prie simplement le chapelet pour les personnes qui me l'ont demandé et pour ma voisine en pleurs. Ni pour moi ni pour ma guérison. » Sans savoir pourquoi, Serge s'avance vers le filet d'eau qui coule au fond du rocher, derrière le tronc des offrandes. Il y trempe discrètement le bout de ses doigts.

Il se rend ensuite aux fontaines. Il y boit de l'eau et se lave le visage. « C'est là que j'ai été pris comme dans un tourbillon. Très vite, j'ai éprouvé une douleur fulgurante dans ma jambe gauche et je suis presque tombé tellement je souffrais. Quelqu'un m'a aussitôt aidé à me relever. J'ai fini par m'appuyer contre l'arbre le plus proche de l'esplanade, face aux fontaines. Au bout de deux très longues minutes, la douleur lancinante a disparu et j'ai ressenti une intense sensation de bien-être et de chaleur. »

Serge rentre à son hôtel, se demandant s'il n'est pas en train de rêver. Le lendemain, avec des forces nouvelles, il conduit un malade en fauteuil à l'église Sainte-Bernadette. Plus tard, dans la journée, à la basilique Saint-Pie X, il revoit « sa » malade de la veille. « Je suis allé à sa rencontre. J'ai été très ému et cette fois-ci, c'est elle qui m'a réconforté. » Les années passant, Serge verra « un signe » dans la rencontre avec cette femme qu'il n'a jamais pu retrouver.

Il s’'était passé quelque chose à la grotte…
De retour chez lui, Serge, qui ne prend plus aucun antidouleur, se met au travail : il entreprend de repeindre son pavillon malgré les appels à la prudence de sa femme. Une dizaine de jours plus tard, un soir après une journée « comme celles d'avant », Serge éprouve une démangeaison désagréable le long de sa jambe gauche.

Sous son pied, la corne épaisse qui s'était formée avec le temps, se désagrège d'elle-même, laissant apparaître une peau toute saine. Il demande à sa femme d'en faire des photos. « Je crois que c'est à ce moment-là que j'ai réalisé qu'il s'était passé quelque chose à la grotte de Lourdes ! »

Serge cherche longtemps comment remercier Marie. Il accompagne toujours des malades à Lourdes, mais veut faire plus. Le jour où sa petite-fille Charline, alors âgée de 12 ans, lui parle des chemins de Compostelle, Serge trouve tout naturellement la réponse. C'est la fin de l'été 2006. Un entraînement sérieux se met en place : topo-guides, histoire des chemins de Saint-Jacques, étude du GR 65... et marche.

« Je me suis entraîné ici, dans ma région, tous les jours pendant dix mois. Un millier de kilomètres par tous les temps, avec un sac à dos chargé de bouteilles d'eau pour lester le sac. » Serge part le dimanche 26 août 2007 du Puy-en-Velay, après la bénédiction et l'envoi des pèlerins.

Il arrive cinquante-cinq jours plus tard, 1 600 km plus loin et zéro ampoule, à Saint-Jacques-de-Compostelle, le 20 octobre, jour de l'anniversaire de Charline. « Après ces cinquante-cinq jours de marche sur mes deux jambes, seul sur les chemins de Saint-Jacques, j'ai mieux compris que c'était Dieu qui était derrière tout cela. Avec Marie et Bernadette ! »

► Vidéo. Interview de Serge François réalisée à Lourdes en avril 2009 dans laquelle il témoigne de sa guérison. (Réalisation Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes).



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Paru le 18 janvier 2018

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