Qu’est-ce que l’aïd el-kebir, la "grande fête" de l’islam ?

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Le 13 septembre 2016, à Yangon en Birmanie, des musulmans effectuent la prière de l'aïd el-kebir dans un cimetière musulman. © Kyaw Kyaw / ANADOLU AGENCY / AFP
Le 13 septembre 2016, à Yangon en Birmanie, des musulmans effectuent la prière de l'aïd el-kebir dans un cimetière musulman.
Le 13 septembre 2016, à Yangon en Birmanie, des musulmans effectuent la prière de l'aïd el-kebir dans un cimetière musulman. © Kyaw Kyaw / ANADOLU AGENCY / AFP

Le premier septembre, les musulmans du monde entier célèbreront l’une des deux fêtes les plus importantes du calendrier liturgique musulman, l’aïd el-kebir.

À propos de l'article

  • Créé le 31/08/2017
  • Publié par :Pierre Wolf-Mandroux
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    30 août 2017

L’‘aïd el-kebir (« grande fête » en arabe) ne manque pas de synonymes. Cette importante fête musulmane est aussi appelée aïd el-adha (« fête des sacrifices ») ou, plus communément, « la fête du mouton ». L’aïd el-kebir ne doit pas être confondu avec l’aïd al-saghir (« petite fête »), ou aïd el-fitr, qui est la fête de la rupture du jeûne du ramadan. Ces deux fêtes, la « grande » et la « petite », sont les deux seules fêtes canoniques dans l’islam. Elles sont pratiquées par tous les musulmans.

L’aïd el-kebir commémore la soumission et la foi sans faille d’Abraham, prêt à sacrifier son fils Ismaël à Dieu. Ce nom d’Ismaël n’est pas mentionné dans le Coran. C’est la tradition musulmane qui le désigne ainsi. Dans les textes religieux juifs et chrétiens, il s’agit d’Isaac. En évoquant le souvenir d’Abraham, présent dans les trois grandes religions monothéistes, l’aïd el-kebir symbolise notamment cette volonté de la doctrine musulmane d’inscrire l’islam dans les pas du judaïsme et du christianisme. L’islam considère en effet que la révélation du prophète Mahomet est la dernière religion révélée et une restauration, une actualisation de la religion primordiale. Abraham est d’ailleurs désigné comme le « premier musulman » par le Coran.

Le jour de l’aïd el-kebir, la prière commune rituelle est prononcée. Il est recommandé – mais pas du tout ordonné – aux musulmans qui le souhaitent et qui en ont les moyens de sacrifier un mouton, une chèvre, un chameau, une vache ou encore un bœuf. L’animal doit être en bonne santé. Avant le sacrifice, le sacrifiant doit se tourner vers la Mecque et prononcer des formules rituelles. Il est aussi supposé ne garder qu’une partie de la viande. Le reste doit être distribué aux voisins, aux amis et aux nécessiteux. Plusieurs religieux musulmans considèrent ce sacrifice comme non obligatoire et admettent le principe de la substitution. Les fidèles peuvent ainsi le remplacer par un don à des organisations caritatives.

En France, le sacrifice doit être réalisé dans un abattoir agréé. Hors structure officielle, l’abattage est interdit. Chaque année, l’Etat agrée divers abattoirs temporaires pour faire face au surcroît de demande lié à cette fête religieuse.

L’aïd el-kebir est une fête familiale et heureuse. Elle dure trois jours. Les musulmans en profitent pour rendre visite à des membres de leur famille ou des amis, échanger des cadeaux et des vœux. Ils se rendent aussi dans les cimetières pour rendre hommage aux ancêtres.

L’aïd el-kebir est fixé le 10 du mois lunaire du calendrier musulman. Cela signifie que cette fête peut tomber à toute saison, puisque le calendrier lunaire comporte 354 ou 355 jours, et non 365 jours comme c’est le cas pour le calendrier solaire. Ce mois lunaire a la particularité d’être le mois du pèlerinage et le dernier mois de l’année musulmane. Ce n’est pas un hasard si l’aïd el-kebir a été fixé lors du mois du pèlerinage à la Mecque (en Arabie Saoudite). Selon l’islam, le sanctuaire de la Kaaba qui se trouve dans cette ville aurait été reconstruit, après sa destruction lors du déluge, par Abraham et son fils Ismaël. L’aïd el-kebir marque l’apogée des cérémonies du pèlerinage.

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Paru le 23 novembre 2017

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