Quel catholique François Fillon est-il ?

agrandir François Fillon, candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle de 2017.
François Fillon, candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle de 2017. © Corentin Fohlen / Divergence
François Fillon, candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle de 2017.
François Fillon, candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle de 2017. © Corentin Fohlen / Divergence

Le futur candidat à la présidentielle ne fait pas mystère de ses convictions. « Je suis catholique. J’ai été élevé dans cette tradition et j’ai gardé cette foi », confie-t-il dans l’un des chapitres de son livre programme, Faire, publié en septembre 2015.

Il y a encore quelques années, revendiquer ainsi sa foi aurait été impensable, pour l’ex-Premier ministre. Mais cela, c’était avant que la laïcité telle qu’elle se pratique aujourd’hui, d’une façon qu’il juge « agressive », lui fasse craindre une restriction des libertés religieuses, dont celle des chrétiens. Alors François Fillon assume.

Pour autant, creuser le sujet reste une gageure pour le journaliste curieux d’en savoir plus. Les interlocuteurs acceptant de parler ont demandé, pour la plupart, à ne pas être nommés. « François Fillon a un tempérament peu exubérant, note un prêtre qui l’a rencontré à plusieurs reprises. Sa foi est sincère, profonde, mais discrète. » Effectivement. Tout juste sait-on qu’il a été éduqué chez les Jésuites. Que ses cinq enfants ont été baptisés. Que Pénélope, son épouse, a donné des cours de caté. Que lui-même rend visite, chaque année, à ses voisins, les moines bénédictins de l’abbaye de Solesmes.

« Sa pratique religieuse est irrégulière, poursuit un proche. La spiritualité, chez François, est avant tout une affaire de valeurs. Il est attaché au pardon, à la charité. Le message du Christ résonne en lui, mais la foi, pour lui, relève du privé. Il est plutôt laïc dans sa pratique du pouvoir. » « Comme de trop nombreux parlementaires, il sépare ses convictions personnelles de ses votes », regrette même, sévère, Christine Boutin, qui fut ministre du Logement et de la Ville dans son gouvernement, de 2007 à 2009. De fait, son parcours législatif n’est pas linéaire. Député, il a voté contre le mariage gay en 2012 et, candidat, propose l’abrogation de l’adoption plénière pour les couples homosexuels. Mais dans le même temps, il n’a jamais remis en cause le droit à l’avortement, tout en reconnaissant ne pouvoir approuver l’IVG, « compte tenu de [sa] foi personnelle ».

Côté programme, certaines propositions, très libérales, ne collent visiblement pas à la doctrine sociale de l’Église. Alors certainement catholique, François Fillon. Mais un catholique, « loin de l’image d’ultra que certains ont voulu lui coller », nuance un ex-collaborateur.

► A lire aussi sur ce sujet : Primaire de la droite : les catholiques ont-ils fait l’élection ?

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 20 avril 2017

Notre Librairie

Voyages et croisières