Primaire à droite : un regain démocratique

agrandir Primaire à droite : un regain démocratique
© ETIENNE LAURENT/EPA/MAXPPP
Primaire à droite : un regain démocratique
© ETIENNE LAURENT/EPA/MAXPPP

Écœurés de la politique, les Français ? Rien n’est moins sûr. L’engouement d’une partie d’entre eux pour la primaire de la droite, les salles combles des meetings, les plus de quatre millions de votants lors du premier tour organisé par 81 000 bénévoles, tout cela témoigne, au contraire, d’une envie de s’engager. D’être acteurs de la vie de la cité plutôt que spectateurs aigris.

B-Fidelin-Edito

Dire que l’exercice des primaires n’a été initié qu’il y a cinq ans ! L’essai est déjà transformé puisque des citoyens s’emparent de ce scrutin pour prendre leur destin en main. Certes, il ne faut pas rêver… L’abstention record, enregistrée lors des dernières élections, met en garde contre toute illusion : elle témoigne d’une défiance majeure qui sera longue à dissiper, comme nous le prouve notre dossier de cette semaine sur la colère toujours vive de nombreux Français (voir dans Pèlerin n°6991 du 24 novembre 2016, page 20).

Reste que ce regain démocratique est réconfortant. Il démontre, aussi, que le discrédit vise davantage les politiques que la politique. Nos dirigeants sont bien le premier objet du courroux des Français ! En raison, d’abord, de leur incapacité à résoudre une crise qui dure depuis quarante ans, et dont le chômage de masse demeure l’effet le plus dévastateur. L’entre-soi cultivée par une haute classe politique aussi peu renouvelée qu’éloignée des réalités n’arrange rien.

La corruption non plus, même si, selon l’ONG Transparency International, seuls 250 élus sur 600 000 en France ont fait l’objet, en 2014, d’une décision de justice. Là encore, gare aux coups de balai à 360 degrés ! Car l’immense majorité de nos élus ne mérite pas tant d’indignité.

Grand reporter à Pèlerin durant plus de vingt ans, auteur d’un livre sur le « sacerdoce » des maires de France, j’ai rencontré des élus jusque dans le moindre des villages. À rebours des clichés, ils me sont toujours apparus tels une légion d’hommes honnêtes, sincères et bosseurs, au service de l’intérêt général. Et particulièrement les 27 000 maires de communes de moins de 1 000 habitants, à l’engagement autant civique que désintéressé. Même si ces élus sont trop nombreux, ils servent au lieu de se servir, forment une force de frappe irremplaçable en faveur du bien commun et illustrent ces mots du pape Paul VI : « La politique peut être la forme la plus élevée de la charité… »

* Éd. Cent Mille Milliards, 256 p., ; 19 €.

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 22 juin 2017

Notre Librairie

Voyages et croisières