Primaire à droite : pour qui votent les cathos ?

agrandir De gauche à droite : Bruno Le Maire, Alain Juppé,Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Jean-Frédéric Poisson et François Fillon, candidat à la primaire de la droite et du centre lors du premier débat télévisé, le 13 octobre 2016.
De gauche à droite : Bruno Le Maire, Alain Juppé,Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Jean-Frédéric Poisson et François Fillon, candidats à la primaire de la droite et du centre. © MARTIN BUREAU / AFP
De gauche à droite : Bruno Le Maire, Alain Juppé,Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Jean-Frédéric Poisson et François Fillon, candidat à la primaire de la droite et du centre lors du premier débat télévisé, le 13 octobre 2016.
De gauche à droite : Bruno Le Maire, Alain Juppé,Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Jean-Frédéric Poisson et François Fillon, candidats à la primaire de la droite et du centre. © MARTIN BUREAU / AFP

Notre sondage exclusif Ifop/Pèlerin révèle que les catholiques français ne voteront pas de façon homogène lors de la primaire de la droite et du centre, les 20 et 27 novembre 2016. Et que les catholiques pratiquants seront, à nouveau, très mobilisés. Voici les trois points à retenir de ce sondage*.

1 - Les catholiques de droite en ordre dispersé

Selon notre sondage Ifop/Pèlerin, les catholiques voteront sensiblement comme la moyenne des Français au premier tour de la primaire de la droite et du centre.

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Alain Juppé arrive en tête chez les catholiques (36 %) suivi de Nicolas Sarkozy (30 %), François Fillon (16 %), Bruno Le Maire (9 %), Nathalie Kosciusko-Morizet (3 %), Jean-Frédéric Poisson (3 %) et Jean-François Copé (2 %).

Aucun candidat ne capte seul le vote des catholiques.

D’ailleurs, ce vote existe-t-il ? « Je dirais qu’il y a un électorat catholique, plus mobilisé et généralement plus à droite que la moyenne des Français, précise Jérôme Fourquet, directeur du département Opinions et stratégies d’entreprise à l’Institut français d’opinion publique (Ifop). Mais un patchwork d’opinions s’exprime au sein de cet électorat. »

En fait, ce vote à la primaire de la droite et du centre dépend davantage de la sensibilité politique que des opinions religieuses. Parmi ceux qui se déplaceront pour la primaire, les catholiques sympathisants de gauche et du centre voteront en masse pour Alain Juppé et très peu pour Nicolas Sarkozy, contrairement aux catholiques de droite qui voteront à 40 % pour l’ancien président (31 % pour Alain Juppé).

À droite, on pouvait s’attendre à une mobilisation plus homogène de l’électorat catholique. Le vote très partagé entre Nicolas Sarkozy, plus clivant, partisan d’un christianisme revendiqué, et Alain Juppé, rassembleur, défenseur d’une laïcité ouverte et d’une « identité heureuse », prouve qu’il existe une pluralité de visions de la société chez ces catholiques.

Être électeur catholique ne se réduit pas à un engagement sur certains sujets comme le mariage pour tous, la défense de la vie ou les chrétiens d’Orient… Le score plus faible de François Fillon (18 %), qui a pourtant reçu le soutien de Sens commun – émanation de la Manif pour tous au sein du parti Les Républicains – relativise l’importance de ces sujets pour les électeurs catholiques (lire encadré). Quant à Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate (PCD), il fait un score proche de zéro chez les catholiques de droite (lire encadré).

Personne, y compris à droite, n’a le monopole du vote des catholiques. Encore moins ceux qui s’en réclament.

Fillon fait recette, mais reste troisième

Chez les sympathisants de droite, François Fillon fait un meilleur score chez les catholiques (18 %) que chez ceux se déclarant « sans religion » (10 %). François Fillon reste cependant le troisième homme chez les catholiques sympathisants des républicains (LR).

Le soutien de Sens commun, sa réponse à la lettre des évêques sur la politique et sa réaffirmation des racines chrétiennes de la France ne lui permettent même pas de talonner Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé.

Poisson fait un flop

Le score de Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate (PCD), chez les catholiques de droite est sans appel. L’héritier de Christine Boutin peut espérer son plus haut score, autour de 8 %, chez les catholiques de gauche, sans doute conquis par son discours social, et les catholiques sympathisants du Front national, proches de ses vues sur la « préférence nationale ». « Ces résultats illustrent le côté inclassable de ce candidat, observe Jérôme Fourquet. Il montre qu’en France, se définir ”candidat catholique” n’est pas rentable électoralement. »

2 - Les catholiques pratiquants toujours plus mobilisés

Les catholiques pratiquants participeront deux fois plus que le reste des Français à la primaire de la droite et du centre. Plus mobilisés que la moyenne – et cette fois dans une très forte proportion – ces fidèles assidus au culte semblent en phase avec leurs évêques.

Ces derniers, dans une lettre sur la politique publiée jeudi 13 octobre, constataient que « les catholiques, citoyens à part entière au milieu de leurs contemporains, ne peuvent se désintéresser de ce qui touche à la vie en société ». Les catholiques pratiquants ne représentent que 15 % de l’électorat de droite.

Cependant, comme le rappelle Jérôme Fourquet, « la primaire se jouera sur un nombre restreint de votants (3 millions de votants sont attendus à cette primaire, contre plus de 30 millions lors d’une élection présidentielle). Toute participation supplémentaire aura donc son importance ».

participation

On estime que seuls 20 % des sympathisants des républicains iront voter à la primaire. Un votant sur deux serait retraité alors que ces derniers ne représentent qu’un quart du corps électoral.

3 - Juppé et Sarkozy font la course en tête

Selon notre sondage Ifop/Pèlerin, Alain Juppé gagnerait la primaire avec 18 points d’avance sur Nicolas Sarkozy (59 % contre 41 %). Le score serait presque le même si seuls les catholiques votaient (58 % contre 42 %). Attention néanmoins : Nicolas Sarkozy l’emporterait d’une courte tête (53 % contre 47 %) si seuls les sympathisants des républicains étaient autorisés à voter. La victoire d’Alain Juppé dépend, de fait, de la mobilisation à cette primaire des sympathisants de gauche et du centre qui lui sont très favorables. D’autant que des sondages trop optimistes pourraient démobiliser cet électorat.

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Sarkozy et les catholiques, un soutien mesuré

Nicolas Sarkozy trouve ses plus ardents supporters auprès de la partie « sans religion » des sympathisants des républicains. Néanmoins : l’ancien président réalise de hauts scores auprès des catholiques de droite. 51 % de ces derniers voteraient pour lui au second tour. Mais chez ceux qui, à droite, se déclarent « sans religion », les intentions de vote s’élèvent à 62 %. Au premier tour, la tendance est la même (41 % chez les catholiques de droite, 52 % chez les « sans religion » de droite). Au final, et si l’on prend l’ensemble des catholiques de toutes opinions politiques, cela n’empêche pas l’ex-président d’être distancé au premier et second tours par Alain Juppé. Dans ce cas de figure, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac le précède respectivement de 5 % et 16 % !

François Fillon obtiendrait, au premier tour, un score plus élevé chez les catholiques de droite (18 %) que chez les électeurs de cette sensibilité politique déclarés « sans religion » (10 %). Ce gain supplémentaire de François Fillon se ferait largement au détriment du vote pour Nicolas Sarkozy.

Cette tendance se confirmerait au second tour au profit d’Alain Juppé. « Les dernières enquêtes montrent qu’il bénéficierait assez largement, au second tour, des reports de voix de Bruno Le Maire et de François Fillon », commente Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise à l’Ifop. Nicolas Sarkozy reçoit bien le soutien de la majorité des catholiques de droite (51 %), mais l’ancien président trouve son soutien le plus solide chez les sympathisants « sans religion » des républicains (lire encadré). À droite en effet, ces derniers, très favorables à Nicolas Sarkozy, sont une minorité (environ 15 %). Avec une base électorale moins catholique, l’ancien chef de l’État aurait eu plus de chances de l’emporter.

Première primaire de la droite et du centre

Inédite à droite, cette primaire permettra de sélectionner celui ou celle qui représentera la droite et le centre à l’élection présidentielle de 2017. Tout le monde peut voter, il faut pour cela signer une charte indiquant « partager les valeurs républicaines de la droite et du centre et s’engager pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France » et payer une cotisation de 2 € par tour de scrutin.

Pour savoir où voter : www.primaire2016.org/ou-voter/

Consultez l'intégralité du sondage

 

Si la fenêtre ne s'affiche pas correctement, cliquez ici.


*Enquête menée en ligne entre le 9 septembre et le 7 novembre 2016 auprès de 15 498 catholiques, extraits d’un échantillon de 28 565 personnes représentatives de la population française (méthode des quotas). 1 591 de ces catholiques se disent certains d’aller voter à la primaire.

Vos commentaires

3 Commentaires Réagir

ouf

philippevinsonneau 16/11/2016 à 23:15

heureusement que vous précisez les catholiques votent à droite parce que les chrétiens ça c'est impossible ! ceci étant c'est beaucoup de tapage pour une poignée de franchouillards qui n'auront rien d'autre à faire dimanche d'autant que autant le ... lire la suite

LES PRIMAIRES...

DE VAUDICOURT 16/11/2016 à 19:21

Bonjour à tous les lecteurs, Suite au sondage des primaires, je n'arrive pas à comprendre que des gens qui se disent CATHOLIQUES, donc mes frères en NSJC, puissent donner leur voix a sarkosy... Je les invite à lire et re-lire l'EVANGILE, ne ... lire la suite

Primaire

penelope 16/11/2016 à 18:49

J'ai toujours fait mon devoir de citoyenne ne me suis jamais abstenue, je considère que les primaires n'ont rien à voir avec des élections normales mais plutôt une chasse à l’Ulysse, cela ne me plaît pas. Puisque les sept disent vouloir se battre ... lire la suite

Paru le 13 janvier 2016

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