Pour qui vote la Samaritaine ?

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© Christian Schwier / Fotolia
Pour qui vote la Samaritaine ?
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Dans son édito de la semaine, Anne Ponce explique l'importance du texte publié aujourd'hui par les évêques sur la politique . Car s'il ne donne pas de consignes de vote, ce document propose des repères forts.

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Pour qui votent les évêques ? Mystère et boule de gomme. Donnent-ils des consignes de vote ? Que nenni. L’époque est révolue.

Le texte que le Conseil permanent de la Conférence épiscopale publie le 13 octobre se place à un autre niveau et son titre en témoigne : « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Belle et haute ambition dans le contexte actuel : le moral de la nation est en berne et le niveau du débat politique n’est pas toujours à la hauteur de la situation.

Évidemment, en ces temps troublés, on pourrait rêver de solutions… miracles. Que ce serait facile si la Bible était un programme électoral ! On pourrait imaginer faire de saint Paul un ministre d’État chargé de la Mondialisation, et de la Samaritaine,
une ministre des Droits des femmes (mieux vaut ça que l’inverse, me semble-t-il).

Espérer saint Pierre en ministre du Logement et de la pêche. Réviser les lois travail en fonction de la parabole des ouvriers de la onzième heure et réformer le système bancaire selon celle des talents.

L’exercice est amusant et pourrait même se révéler instructif. Mais l’Évangile n’est pas une profession de foi électorale et aucun parti ne saurait se prévaloir de la bénédiction de l’Église. Une trop grande proximité entre la hiérarchie catholique et le pouvoir ne s’est jamais révélée heureuse : ni pour la politique et, à dire vrai, encore moins pour l’Église.

En revanche, que des laïcs chrétiens, inspirés par leurs convictions spirituelles, s’engagent en politique : oui, bien sûr !

Voilà donc chacun renvoyé à ses responsabilités. Et c’est là que la réflexion du texte des évêques se révèle féconde. S’appuyant sur les fondamentaux de la tradition chrétienne, le document propose des repères. De sa lecture, on ne pourra pas conclure automatiquement pour qui voter mais, à coup sûr, on percevra vers quoi ne pas aller.

Le texte invite ainsi à ne pas entrer dans une logique individualiste ou communautariste.

À garder au contraire le bien commun et l’intérêt général comme horizon.

À cultiver une liberté intérieure plutôt que de succomber aux prêts-à-porter idéologiques.

À réintroduire la question du sens dans le débat public pour sortir des seuls discours gestionnaires.

À favoriser le dialogue plutôt que les invectives.

À explorer de nouvelles formes d’engagement démocratique plutôt que de croire que tout peut venir d’une personnalité providentielle.

Qui a dit qu’être citoyen était de tout repos ?

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Paru le 13 janvier 2016

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