Élection présidentielle : 6 pistes pour ne pas se fâcher en famille!

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© Ilustration : Colcanopa
Élection présidentielle : 6 pistes pour ne pas se fâcher en famille!
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Lorsque la campagne présidentielle fait irruption entre la poire et le fromage, les repas de famille risquent de tourner au pugilat. Pourquoi est-ce si difficile de parler politique avec ses proches ? Voici quelques pistes pour vivre l’élection sans se fâcher.

Exposer ses idées sans écraser l’autre

Certaines personnes affectionnent les joutes verbales, elles aiment exposer leurs idées et relever le défi de convaincre leur interlocuteur. Les réunions de famille sont-elles le lieu pour ce type d’exercice ? Par si sûr. Pour préserver les liens qui nous unissent, la tolérance est indispensable, du côté de celui qui écoute mais aussi de celui qui parle. Pour les préserver, la tolérance est indispensable, du côté de celui qui écoute mais aussi de celui qui parle. « Nous avons besoin de filtres quand nous sommes ensemble, rappelle Patricia Fouque, médiatrice familiale à Nîmes (Gard). Même si l’on est très convaincu par ses idées, il existe une manière de les dire. C’est une question de respect des autres mais aussi de soi. Évitons d’assener nos opinions comme si elles étaient des vérités indiscutables.»

Respecter l’opinion l’autre, malgré nos désaccords

« C’est un grand défi, reconnaît François Cribier, médiateur et membre de l’association Déclic pour le développement de la communication non-violente (CNV). La différence est difficile à accepter, particulièrement dans une relation de transmission, entre parents et enfants, frères et sœurs. » La CNV fournit de nombreux outils pour l’apprentissage de cette écoute.  « Je dois accepter l’autre en tant que personne, une personne distincte de ce que je suis même si nous avons le même sang, explique François Cribier. Il faut accueillir les différences, comme telles  et non pas comme des anomalies. » À l’approche de l’élection, la montée de l’extrême droite cristallise bien des inquiétudes et des incompréhensions. Certains pourraient être tentés de convaincre leurs proches ou de leur faire la morale, ce qui n’est pas la meilleure option pour favoriser le dialogue. « Il vaut mieux laisser s’exprimer la personne, poursuit François Cribier. Et essayer de se demander pourquoi elle pense comme ça. »  Avant de juger, comprendre pour rendre le débat possible.

Prendre en compte toutes les générations

« Si on n’est pas communiste à 20 ans, c’est qu’on n’a pas de cœur. Si on l’est toujours à 40, c’est qu’on n’a pas de tête. » La citation de Georges Bernard Shaw est connue. Si certains restent toute leur vie fidèles à leurs idées, d’autres les voient évoluer avec l’âge. La sagesse politique va-t-elle de pair avec la maturité ? Pas si sûr ! C’est pourquoi les générations ont tout intérêt à s’écouter. Il y a matière à réfléchir dans les opinions des jeunes comme dans celles de leurs aînés.

Parler avec les enfants

Ils entendent leur parents en discuter, attrapent des bribes d’information à la radio, connaissent les noms et les visages des candidats… Dès leur plus jeune âge, les enfants ne sont pas imperméables à la politique mais que comprennent-ils vraiment ? « Il est indispensable de répondre à leurs questions, insiste Denis Langlois, auteur de la Politique expliquée aux enfants (1). Cet apprentissage fait partie de leur construction. Il faut leur expliquer que chacun a des opinions et que le débat est important. » Enfin, la campagne électorale est aussi l’occasion d’expliquer aux enfants la vocation de la politique de s’occuper de l’avenir du pays.

Rétablir le dialogue après une dispute

L’un des protagonistes doit consentir à effectuer le premier pas. «Si la relation est précieuse, il ne faut pas craindre de se lancer, assure François Cribier. N’ayons pas peur de dire des choses simples comme « je n’ai pas envie que nos opinions nous séparent », pour permettre à l’autre de parcourir à son tour le même chemin. » Il n’est pas question de faire comme s’il ne s’était rien passé. « On peut reparler de ce qui nous a fâchés, indique le médiateur. Mais si le sujet est trop douloureux, il vaut mieux renoncer à aller plus loin et s’en tenir à s’accorder sur le fait de ne pas être d’accord. »

Éviter les sujets qui fâchent

« Les liens familiaux sont fragiles et il faut tout faire pour les préserver, insiste Patricia Fouque. Parfois, je pense qu’il faut dire stop et tout simplement arrêter d’aborder les sujets qui fâchent. » Accepter qu’il existe des tabous pour pouvoir continuer à se voir sereinement ? A chacun de se fixer une ligne de conduite selon les codes plus ou moins tacites de la famille. Celui qui reçoit, par exemple, peut aussi donner ce type de consigne pour que le repas se déroule en toute harmonie.


(1)   Editions Scup, 144 p, 7€

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Paru le 23 novembre 2017

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