Près de 10 milliards d'êtres humains en 2050

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© Pavlo Vakhrushev/ Adobe Stock
Près de 10 milliards d'êtres humains en 2050
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Où va la population mondiale ? Les Nations unies ont publié le 21 juin leurs projections bisannuelles. La projection moyenne : 2,2 milliards d'êtres humains supplémentaires en 2050, soit 9,77 milliards de personnes au total. Pèlerin a décrypté ces chiffres et interrogé le P. Bruno Saintôt, s.j, responsable du département d'éthique biomédicale au Centre Sèvres.

À propos de l'article

  • Publié par :Pascaline Balland
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    7026 du jeudi 27 juillet 2017

Près de 10 milliards d’êtres humains en 2050... Quels sont les enjeux éthiques de l’augmentation de la population mondiale ?

Le nombre n’est pas l’unique facteur à réguler au moyen des seules solutions techniques ! Il s’agit de promouvoir cette « écologie intégrale » formulée par le pape François dans l’encyclique Laudato si’. L’avenir de notre « maison commune » dépend de notre conversion personnelle et sociale. Dans cette maison, il n’y a pas d’hospitalité pour les enfants à venir sans respect du monde commun, sans exigence de justice et sans encouragement à la générosité.


10 milliards d’êtres humains… et plus !

Les chi­ffres 2017 de l’ONU confirment les tendances pour le XXIè siècle. La population mondiale continuera à croître, à un rythme plus lent. Pour l’équilibre entre continents, l’Europe déclinera, l’Asie restera stable (grâce au dynamisme du Sud-Est) et l’Afrique explosera – le taux de fécondité y est encore de 4,7 naissances par femme. Il reviendra à des pays parmi les plus pauvres du globe, pour certains dépourvus de ressources naturelles, d’accueillir la majorité des nouveaux venus. « Le nombre d’êtres humains supplémentaires importe moins que leurs modes de vie, d’organisation et de production », alerte l’économiste Sandrine Paillard dans la revue Projet. La capacité de la Terre à nourrir 10 milliards d’habitants fait peu de doute. Le défi consistera à garantir à l’humanité un écosystème habitable. La pression démographique forcera à repenser les activités humaines.


La fécondité a plongé en Europe, tandis que des pays pauvres gardent une forte natalité. Est-ce tenable ?

L’invitation du pape François au discernement ne concerne pas seulement le nombre d’enfants, mais le partage des ressources limitées de la planète. Tous ne peuvent pas vivre comme nous, mais nous pouvons vivre tous ensemble autrement : réduire la mortalité infantile, soutenir l’éducation, la promotion des femmes, consommer moins, partager, etc. Pas de régulation sans vrai développement humain !

Où va la population mondiale ?

 

Source : ONU. D'après les projections des Nations unies, la population mondiale s'élèverait à 9,77 milliards en 2050, pour 7, 55 milliards en 2017.

L’Église est souvent taxée de natalisme à tous crins. Qu’en est-il aujourd’hui ?

L’Église considère que tout être humain doit être désiré et voulu pour lui-même, et respecté de sa conception à sa mort naturelle. Depuis Vatican II, elle invite aussi à une parenté responsable, ce qui suppose une régulation des naissances décidée en conscience par les couples. L’exhortation apostolique Amoris laetitia, de 2016, encourage les méthodes naturelles de régulation parce qu’elles contribuent au respect du corps, à la tendresse et à une véritable liberté. Mais, si je lis bien, elle ne dit plus comme Humanae vitae, en 1968, que toutes les autres méthodes sont « intrinsèquement déshonnêtes ». L’Église inclut la préoccupation démographique dans l’exigence d’un développement humain intégral, c’est-à-dire culturel, social, économique, politique, écologique.


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Retrouvez notre enquête complète, "Où va la population mondiale ?", dans le numéro 7026 de Pèlerin du jeudi 27 juillet 2017.

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Paru le 19 octobre 2017

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