Cinq conseils pour aider la famille face à un proche atteint du cancer

agrandir Loriana et Graziella "La maladie nous a rapprochées. On butine ensemble toutes sortes d'activités. L'important, c'est de se faire du bien."
Loriana et Graziella "La maladie nous a rapprochées. On butine ensemble toutes sortes d'activités. L'important, c'est de se faire du bien." © Frederique Jouval/PictureTank
Loriana et Graziella "La maladie nous a rapprochées. On butine ensemble toutes sortes d'activités. L'important, c'est de se faire du bien."
Loriana et Graziella "La maladie nous a rapprochées. On butine ensemble toutes sortes d'activités. L'important, c'est de se faire du bien." © Frederique Jouval/PictureTank

Le 4 février 2012 a lieu la Journée mondiale contre le cancer. Face à la maladie, la solidarité de la famille constitue un encouragement et une force de guérison inestimable. Le psychiatre Christophe Fauré donne cinq conseils pour aider l'entourage à soutenir un proche malade. Pratique : neuf adresses utiles.

1. Évitez les trois T : trop, trop vite, trop seul

À force d'anxiété, face à un proche atteint du cancer, on devient rigide et hyperprotecteur. On voudrait tout contrôler : son alimentation, ses loisirs, ses temps de repos. Cela lui met une pression insupportable. De plus, une trop grande prise en charge crée une surdépendance qui risque de l'affaiblir. Il faut lui faire confiance. L'essentiel est d'être présent quand il en a besoin et de se faire plus discret quand cela paraît nécessaire.

2. Pas de conseils trop rapides
Rassurer, conseiller, agir trop vite, dans l'urgence, empêchent de penser et de dire ou faire ce qui serait vraiment utile. De même, les petites phrases autoritaires - "Secoue-toi", "Il faut que tu manges" - accusent le malade de ne pas être à la hauteur. Le cancer lui impose assez de souffrances, il est inutile de le "casser". Mieux vaut parler tout simplement, l'écouter, le comprendre. Ne confondez pas vos besoins et les siens.

3. Le patient a ses besoins et un proche, les siens
Faire corps avec le malade présente plusieurs risques. Celui, par exemple, de perdre la distance nécessaire pour garder la tête froide. Certaines expressions témoignent de cette fusion dangereuse : "On a passé un scanner, la semaine dernière" au lieu de "il" ou "elle".

4. Que dire aux enfants ? 
L'enfant n'ira pas au-devant d'un parent malade, même s'il devine et comprend très bien ce qui se passe. Il est nécessaire d'en parler avec lui, sans minimiser la situation, et en revenant à plusieurs reprises sur le sujet. Selon son âge, un enfant a besoin de temps pour digérer la nouvelle. Les adolescents ont tendance à cacher leur détresse. Là encore, il faut aller au-devant d'eux pour vivre l'épreuve ensemble.

5. Prendre soin de soi
Soutenir une personne qui souffre au quotidien se révèle toujours éprouvant. Les proches doivent pouvoir reprendre leur souffle, se reposer. Il n'y a pas de mal à se faire aider par les amis, les médecins ou les associations. De plus, cela déculpabilisera le malade.

 Psychiatre et spécialiste de l’'accompagnement des malades et de leur famille, Christophe Fauré est l’'auteur de Vivre ensemble la maladie d’un proche, Éd. Albin Michel, 2011, 270 p. ; 17 €€.

Le site de Christophe Fauré présente sa biographie, ses ouvrages, ses chroniques dans les émissions de santé...

Le cancer en chiffres
■ Dans le monde, le cancer est la première cause de mortalité, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), avec une estimation de 84 millions de morts entre 2005 et 2015.
■ En France, 1,2 million de personnes vivent avec ou après un cancer. Plus de la moitié des cas se déclarent chez les personnes âgées de plus de 65 ans. 207 000 nouveaux diagnostics de cancers chez l'homme en 2011. 158 000 nouveaux diagnostics de cancers chez la femme en 2011.
■ Les cancers les plus fréquents chez la femme : sein (53 000 nouveaux cas par an), colorectal (19 000), poumon (12 000) et chez l'homme : prostate (71 000 nouveaux cas par an), poumon (27 500), colorectal (21 500).

Des associations pour mieux vivre
L'Embellie : à Paris, 06 19 62 34 25 ; Strasbourg, 03 88 16 59 74 ; Amiens, 03 22 90 18 82.
Étincelle : à Issy-les-Moulineaux, 01 44 30 03 03 ; Cormelles-le-Royal, 02 31 34 97 92 et Montpellier, 04 67 58 94 23.
Association Choix vital : parole et cancer, groupes de parole à Paris, 01 46 41 29 00.
La Ligue nationale contre le cancer : 0 810 111 101.
Vivre comme avant accueille les femmes atteintes d'un cancer du sein. Plusieurs permanences en France. 01 53 55 25 26.
Cosmetic Executive Women (CEW) intervient dans les hôpitaux.
Siel Bleu : activités physiques pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou handicapées. 03 88 32 48 39.

Double page Ma vie avec le cancer

Ma vie avec le cancer : un dossier de six pages dans Pèlerin n°6740 du 02/02/12. Nos journalistes Sophie Laurant et Laurence Valentini lèvent le tabou sur une maladie qui effraie encore. Elles ont recueilli des témoignages de personnes malades qui ont traversé l'épreuve et nous proposent un entretien plein de promesses avec Jean-Yves Pierga, oncologue médical à l'Institut Curie, à Paris.

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Paru le 5 avril 2018

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