Pierre Perret : "Mes chansons sont toutes des prières"

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© Eric Robert (Détail)
Pierre Perret : "Mes chansons sont toutes des prières"
© Eric Robert (Détail)

Il y a soixante ans, l’ami Pierrot enregistrait son premier disque. Toujours enjoué, le parolier, qui n’a jamais lâché la plume, se confie sur sa vision du bonheur, de la prière … et de la vieillesse !

À propos de l'article

  • Publié par :Propos recueillis par Magali Michel
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    7012 du jeudi 20 avril.

La dernière fois que vous avez ri ?

Quand on m’a demandé : « Mais comment faites-vous pour trouver des sujets ? » Il y en a toujours dix qui se bousculent dans ma tête.

Une bonne raison de vous lever chaque matin ?

Mettre par écrit une mélodie car, deux fois sur trois, au réveil, j’ai une chanson en tête.

Ce qui vous rend meilleur ?

Exclusivement le fait de créer.

Ce qui vous met en colère ?

Tout. Si je ne suis pas en colère, je ne peux pas écrire Lily ou La femme grillagée. C’est mon côté Don Quichotte… Seule la colère peut susciter des chansons engagées.


Seule la colère peut susciter des chansons engagées.

Ce que vous aimeriez changer en vous ?

Peut-être corriger mon impatience, qui s’accentue avec l’âge. Mais la sagesse et le recul qu’il offre sont des bénédictions. Ils affûtent ma lucidité. Je gamberge dix fois plus qu’avant.

Si vous deviez exercer un autre métier, ce serait ?

Mais je n’ai pas de métier ! L’écriture n’en est pas un, c’est la première passion qui m’a habité. J’ai chanté tout à fait par hasard, et bien malgré moi, sur le conseil de Püpchen, la femme de Brassens.

Quel est votre talent caché ?

Je ne m’ennuie jamais une seconde.

Votre devise ?

« Haut les cœurs, bas les pattes. »



J’ai chanté tout à fait par hasard, et bien malgré moi, sur le conseil de Püpchen, la femme de Brassens.


Votre héros du quotidien ?

Le Passe-muraille (héros de la nouvelle éponyme de Marcel Aymé, NDRL).

Que reste-t-il en vous de l’enfant que vous étiez ?

Tout. J’ai été trop fainéant pour devenir adulte.

Si vous aviez une baguette magique, quel rêve réaliseriez-vous ?

Je n’ai besoin de rien, je n’ai que du bonheur autour de moi. Je continue à chanter, à donner des concerts, les salles sont pleines. J’arrive sur scène, je regarde le public. Il a la banane jusqu’aux oreilles. Si c’est pas magique, ça ?

Vous avez un rendez-vous de cinq minutes avec le pape François. Quel sujet abordez-vous ?

Je lui chanterai Le zizi. (Rires.)

Pour vous, Jésus, c’est…

Une entité qui fait beaucoup de bien à beaucoup de gens et beaucoup de mal à d’autres qui n’ont pas bien compris le sujet. Si on l’appréhende comme il faut, c’est magnifique. Mais si on veut tuer l’autre parce qu’il ne croit pas au même Jésus que vous, ça ne va plus.

Votre personnage préféré de la Bible ?

Abraham ne me déplaît pas.

Vous rencontrez Dieu en vrai. Qu’aimeriez-vous qu’il vous dise ?

Je lui dirais d’abord : « Consulte un ophtalmo, à mon avis tu ne vois pas tout. » Et j’aimerais qu’il me réponde : « Merci du conseil. »

« Prier » rime avec…

Mes chansons. On s’en aperçoit, ou pas, mais ce sont toutes des prières…

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Paru le 23 novembre 2017

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