Pauvreté en France : le nouveau rapport du Secours catholique

agrandir De plus en plus de familles précaires en France.
De plus en plus de familles précaires en France. © AdobeStock
De plus en plus de familles précaires en France.
De plus en plus de familles précaires en France. © AdobeStock

Le Secours catholique publie, le 9 novembre, son rapport annuel sur « L'état de la pauvreté en France ».

À propos de l'article

  • Créé le 09/11/2017
  • Publié par :Alice Le Dréau/Sabine Harreau
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    9 novembre 2017

Avec plus de 85 000 fiches renseignées par les personnes accueillies par les différentes structures du Secours catholique, son rapport annuel est une photographie essentielle de la précarité, en France. Et un signal d'alarme. Le document, établi sur l'année 2016, constate notamment :

La paupérisation accrue des seniors isolés et une surreprésentation des populations urbaines parmi les bénéficiaires du Secours catholique.

Des enfants et des familles très touchés : en 2016, l'association a accueilli quelque 1,5 million de personnes, dont près de la moitié sont des enfants (700 000). Le secrétaire général du Secours catholique, Bernard Thibaud, signale une "précarisation croissante des familles". La majorité de ces enfants (55%) vivent au sein de familles monoparentales, et 44% d'entre eux sont sous la responsabilité d'un adulte d'origine étrangère. Mais les enfants vivant avec leurs deux parents n'ont pas non plus été épargnés. En 2016, les couples avec enfants ont représenté 24,2% des ménages accueillis, soit une augmentation de deux points en cinq ans. "En raison de la précarisation de l'emploi et du chômage de masse, le fait d'être en couple ne protège plus autant de la pauvreté que par le passé", explique M. Thibaud.

Les pauvres de plus en plus pauvres : d'une manière générale, avec un revenu mensuel moyen qui a augmenté de seulement trois euros en six ans (passant à 548 euros en 2016, soit largement en-dessous du seuil de pauvreté fixé à 1 015 euros par mois), et face à une hausse constante du coût de la vie notamment du logement et de l'énergie, les plus pauvres sont de plus en plus pauvres. Selon l'Insee, 9 millions de personnes vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté en France.

Des aides non distribuées : une augmentation du nombre de personnes ne demandant pas des allocations auxquelles elles peuvent pourtant prétendre. Parmi les bénéficiaires du Secours catholique, « ce taux de non-recours est de 40 % pour le RSA (Revenu de solidarité active), et de 31 % pour les allocations familiales », précise Daniel Verger, responsable de l'action et du plaidoyer au sein de l'association. Trois raisons principales sont identifiées  : 1) beaucoup de personnes ignorent qu'elles ont ces droits ; 2) la complexité des démarches ; 3) la honte d'être stigmatisé.

Le montant des sommes non réclamées serait supérieur au montant de la fraude sociale. « Des personnes se sont senties jugées ou soupçonnées de vouloir frauder, regrette Daniel Verger. Les préjugés selon lesquels les pauvres sont des profiteurs, des assistés ont la vie dure. » Au niveau national, chaque année, alors que la fraude au RSA est, par exemple, estimée à 170 millions d'euros, les sommes non versées aux ayants droit atteindraient, elles, 5,3 milliards d'euros.

Enfin si l'écoute reste le premier besoin pour 60,2 % des personnes accueillies par le Secours catholique, les demandes d'aides alimentaires restent fortes (elles sont exprimées par 56 % des personnes).

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

l'augmentation de la pauvreté

Levergero78 09/11/2017 à 17:26

Bien sûr qu'elle augmente sans cesse depuis toujours. C'est difficile à admettre. Pendant ce temps-là de nombreux très riches échappent à l'impôt, légalement dit-on, et placent leur argent dans d'autres pays en maantisons luxueuses ou en yatchs ... lire la suite

Paru le 23 novembre 2017

Notre Librairie

Voyages et croisières