Questions de femmes

agrandir Catherine Lalanne, rédactrice en chef. Sur twitter : @CathLalanne
Catherine Lalanne, rédactrice en chef. Sur twitter : @CathLalanne © William Beaucardet
Catherine Lalanne, rédactrice en chef. Sur twitter : @CathLalanne
Catherine Lalanne, rédactrice en chef. Sur twitter : @CathLalanne © William Beaucardet

Cette semaine, Catherine Lalanne, rédactrice en chef, s'interroge sur les libertés des femmes, ici et ailleurs.

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Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 04/05/2016
  • Publié par :Cécile Picco
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6062 du 5 mai 2016

Samedi, au marché, deux dames s’inquiètent que des marques proposent une mode islamique avec foulard.

Mes deux voisines, qui avaient 20 ans dans les années 1970, évoquent avec bonheur leur premier pantalon, vêtement longtemps interdit aux femmes ! Conscientes de cette liberté récemment acquise, les deux grands-mères s’inquiètent pour leurs petites-filles.

Les enseignes de prêt-à-porter peuvent-elles faire fi de nos avancées ?

Je partage leur interrogation : pour moi aussi, liberté vestimentaire et émancipation sont intimement liées. De Coco Chanel à Yves Saint Laurent, la mode française a accompagné toutes nos conquêtes. Qu’une grande marque britannique lance des « burkini » (contraction de burqa et de bikini) n’est pas fait pour me rassurer !

Dimanche, je reçois le mail d’une amie qui s’interroge sur le Hijab Day. Des étudiants de Sciences-Politiques ont organisé le 20 avril une journée pour « sensibiliser le public et donner la parole aux femmes voilées », avec distribution de foulards pour tester le ressenti de celles qui le portent.

Elle me joint la réaction de la féministe Djemila Benhahib, alarmée par cette initiative. La militante d’origine algérienne rappelle le sort des millions de femmes « enfermées » dans le monde, leur combat pour échapper à cette contrainte, et remémore à nos étudiants la différence entre liberté et aliénation, libre choix et servitude volontaire.

Je partage son inquiétude : à quel sort abandonne-t-on les femmes obligées de se voiler en participant à banaliser ce symbole ?

Lundi enfin, une consœur italienne m’appelle au journal. Rome, me rappelle-t-elle, n’a pas fait mieux que Paris. En janvier, les corps nus des statues antiques du Capitole ont été dissimulés pour respecter la sensibilité du président iranien Hassan Rohani.

Notre conception de la beauté et de l’art doit-elle varier en fonction de celui qui regarde ? Masquer une part de notre histoire, c’est dénigrer notre passé et notre culture, conclut-elle. Je partage son indignation : comment l’Occident peut-il occulter les fondements de sa civilisation ?

À l’heure où les lanceurs d’alerte demandent aux gouvernements une protection légitime au nom du bien commun, faisons-nous preuve de la même vigilance pour les droits des femmes ?

N’oublions pas qu’ici ou ailleurs, les libertés de tous reculent quand les leurs sont menacées.

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Paru le 18 janvier 2018

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