Prêtres et patriotes

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Des soldats néo-zélandais lors de la communion donnée, en plein air, par le prêtre de l’armée. © Photo12
Des soldats néo-zélandais lors  de la communion donnée, en plein air, par le prêtre de l’armée.
Des soldats néo-zélandais lors de la communion donnée, en plein air, par le prêtre de l’armée. © Photo12

En 2014, nous célébrons le centenaire de la Grande Guerre, à cette occasion, Catherine Lalanne, rédactrice en chef au magazine Pèlerin, revient sur le rôle des chrétiens dans la Grande guerre.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 09/07/2014
  • Publié par :Catherine Lalanne
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6867, du 10 juillet 2014.

«Aussitôt la déclaration de guerre, j’ai résolu de partir comme aumônier militaire, et non pas dans un hôpital mais le plus près possible des blessés et par conséquent du feu. (…) On parle de la patrie, du devoir, de la nécessité qu’il faut accepter bravement. Hélas ! On ne parle guère de Dieu et du salut des âmes. (…) En partant, mon désir est de représenter Dieu bien humblement assurément, mais réellement, dans l’armée de la France et auprès de nos chers soldats, (…) de remplir au milieu de tant de fatigues, de souffrances et de peines, (…) le rôle de la charité qui est ma vocation. »

Quelques lignes échappées d’un journal valent mieux qu’un long discours. Signées Jean-Émile Anizan, aumônier militaire près de Verdun, elles témoignent de l’engagement des religieux dans la tourmente. Dans un pays fraîchement marqué par la séparation de l’Église et de l’état, les prêtres mettent un point d’honneur à être là où l’on souffre. Ils aiment les poilus et sont aimés d’eux. Ils disent la messe à quelques mètres du front, confessent avant l’offensive ceux qui craignent de ne pas revenir, administrent les sacrements. Brancardiers ou infirmiers, ils montent à l’assaut avec les unités, assistent les blessés, consolent les mourants. Servir Dieu, c’est servir la patrie et les hommes en danger.

►Son. Écoutez l’édito de Catherine Lalanne, rédactrice en chef au Pèlerin.

 

Au contact de la douleur et de la mort, ces prêtres font évoluer la pratique religieuse vers plus de simplicité. Autels improvisés, homélies brèves, absolutions collectives sont leur lot quotidien. Au retour de la guerre, la fraternité des tranchées va irriguer la vie chrétienne et servir de terreau aux réformes de Vatican II.

Dans les commémorations de la Grande Guerre, les religieux qui se sont massivement exposés ne doivent pas être oubliés. Ni les chrétiens qui ont payé, comme toute une génération, un lourd tribut à la guerre.

À l’intérieur du groupe Bayard Presse, une plaque nomme les cinquante salariés de l’entreprise morts pour la France. Parmi eux, une dizaine travaillait au Pèlerin : des rotativistes, dont le plus jeune, Henri Péchon, avait 19 ans et le directeur du journal, Julien Le Liboux, prêtre assomptionniste. Ce numéro spécial « Chrétiens dans la Grande Guerre » honore aussi leur mémoire.

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Paru le 19 juillet 2018

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