Les mots justes

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Boulevard Voltaire, à Paris. Une incroyable marée humaine a empli les rues de la capitale pour la marche républicaine du 11 janvier 2015. © Charles Platiau
Boulevard Voltaire, à Paris. Une incroyable marée humaine a empli les rues de la capitale pour la marche républicaine du 11 janvier 2015.
Boulevard Voltaire, à Paris. Une incroyable marée humaine a empli les rues de la capitale pour la marche républicaine du 11 janvier 2015. © Charles Platiau

Après la vague d’émotion et la mobilisation massive des Français contre le terrorisme, l’heure est à l’analyse ; il nous faut verbaliser ce qui s’est passé. Les mots de Catherine Lalanne, rédactrice en chef à Pèlerin.

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À propos de l'article

  • Créé le 21/01/2015
  • Publié par :Catherine Lalanne
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6895, du 22 janvier 2015

Dans cette guerre déclarée à la démocratie, les mots sont notre premier bouclier contre la barbarie.

 Ne pas nommer les choses, c’est nier notre humanité. Mal les nommer, c’est ajouter au malheur du monde. 

→ écrivait Albert Camus.

Mal nommer, c’est contribuer à obscurcir le sens, c’est participer à entretenir la confusion et l’ignorance, terreau des religieux extrémistes qui embrigadent les jeunes.
Bien nommer, c’est clarifier le monde et donner à chacun la possibilité de se forger une opinion libre et éclairée.

Le premier lieu d’appren­tissage de cette « langue commune » est le cercle familial en lien étroit avec l’école, fabrique de l’instruction civique pour tous.

Nous, parents et grands-parents, avons le devoir d’offrir les mots justes et précis à nos enfants.
Compte tenu de l’actualité, c’est tout le vocabulaire de l’islam qui est à éclaircir en priorité avec les plus jeunes. Distinguer les islamistes radicaux des autres musulmans, est essentiel à leur discernement.

Avec nos adolescents connectés aux réseaux sociaux où le meilleur côtoie le pire, il est urgent de rappeler que la liberté d’expression est assortie de son corollaire, la responsabilité des propos qui engage chacun : si les caricatures sont permises, les allégations incitant à la haine ou faisant l’apologie du terrorisme ne le sont pas.

Nous, chrétiens, devons nous souvenir que, dans notre pays, la liberté de croire s’exerce, au même titre que la liberté d’expression, dans le cadre de la laïcité. Cette laïcité permet aux croyants – chrétiens, juifs ou musulmans – et aux non-croyants de vivre ensemble dans le respect des opinions de chacun.

Ce juste équilibre entre droits et devoirs vient d’être rappelé par le pape François qui incite à « ne pas offenser délibérément la foi d’autrui ». Les représailles récentes contre les chrétiens du Niger font écho à sa mise en garde.

Nous, journalistes, sommes en première ligne de ce devoir d’information : il nous faut plus que jamais peser nos phrases, bannir les amalgames, veiller au respect de la sensibilité spirituelle de chacun, la vôtre avant tout chers lecteurs, malmenée parfois, votre courrier en témoigne, mais qui exprime si fort le désir de bâtir un monde meilleur, un monde de mains tendues contre les poings fermés. 

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Paru le 19 avril 2018

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