Les croisades, histoire d’hier ou d’aujourd’hui ?

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Louis IX (1214-1270), roi de France. © Renaud Camus / Flickr / CC
Louis IX (1214-1270), roi de France.
Louis IX (1214-1270), roi de France. © Renaud Camus / Flickr / CC

Catherine Lalanne, rédactrice en chef au magazine Pèlerin, fait un bond dans le passé pour éclairer le présent. Aux côtés du roi Saint Louis, repartons à la découverte du temps des croisades tandis qu'au Proche-Orient, le concept guerre sainte reste malheureusement d'actualité.

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À propos de l'article

  • Créé le 02/07/2014
  • Publié par :Catherine Lalanne
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6866, du 3 juillet 2014.

Le 25 août 1248, Saint Louis quitte le port d’Aigues-Mortes et prend la tête de la septième croisade. Embarquant chevaliers, fantassins et arbalétriers, il tourne le dos à son royaume prospère pour se lancer dans une expédition coûteuse et à haut risque. Pourquoi ce souverain charitable et pacifique arme-t-il hommes et vaisseaux pour faire la guerre au nom de Dieu ?

Pour comprendre Saint Louis, il faut se souvenir qu’au Moyen Âge, le pèlerinage sur les terres du Christ est un acte d’intense piété. En 1078, la prise de Jérusalem par les Turcs provoque une vive émotion en Occident. Quand en 1095, le pape Urbain II appelle les fidèles à délivrer le Saint-Sépulcre et leurs frères byzantins, l’accueil est enthousiaste. La solidarité chrétienne et la promesse de salut font accepter le danger et la mort.

Du XIe au XIIIe siècle, neuf croisades sont lancées en direction de l’Orient. Ce qui choque aujourd’hui nos consciences chrétiennes était alors considéré comme une cause sacrée.

La violence religieuse appartient-elle au passé ou est-elle toujours d'actualité ? La blessure entre l’Orient et l’Occident est-elle cicatrisée ou sert-elle d’argument aux extrémistes modernes pour légitimer le fanatisme et le terrorisme de masse ? Au Proche-Orient, la guerre sainte ne faiblit pas : de la Syrie à l'Irak, la menace djihadiste progresse. En Israël, l'assassinat de trois étudiants relance le cycle des représailles et compromet le processus de paix.

Les hommes sont-ils condamnés à s’entre-tuer au nom de leur foi ? Au Moyen Âge déjà, de grands noms de l’église s’opposent au langage des armes. En 1219, alors que la bataille fait rage entre chrétiens et sarrasins, François d’Assise part, désarmé, à la rencontre du sultan d’Égypte prêcher la paix des Évangiles.Entre l’objecteur de conscience et le neveu de Saladin, le courant passe.

Neuf siècles après, le pape François, héritier spirituel du franciscain, invite les leaders palestinien et israélien à prier ensemble pour la paix. Là encore, la proposition fait mouche et les frères ennemis acceptent. Ce que la force ne peut conquérir, le dialogue peut-il l’obtenir ? L’histoire d’hier et d’aujourd’hui rappelle l’urgence à respecter la foi de l’autre et le danger d’instrumentaliser le spirituel au profit du temporel.

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Paru le 12 juillet 2018

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