Le bleu et le noir

agrandir Une carte aérienne de la Syrie en 2015 : , 83 % des lumières ont disparu par rapport à 2011.
Une carte aérienne de la Syrie en 2015 : , 83 % des lumières ont disparu par rapport à 2011. © #withsyria
Une carte aérienne de la Syrie en 2015 : , 83 % des lumières ont disparu par rapport à 2011.
Une carte aérienne de la Syrie en 2015 : , 83 % des lumières ont disparu par rapport à 2011. © #withsyria

Alors que l’ombre noire de Daech s’étend sur le globe, en commençant par la Syrie, l’azur du Mucem, à Marseille, absorbe les ténèbres. Deux panoramas nocturnes observés par Catherine Lalanne, rédactrice en chef à Pèlerin.

Dossier

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 10/06/2015
  • Publié par :Catherine Lalanne
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6915, du 11 juin 2015

Une image sombre et angoissante vue au journal télévisé de 20 heures : pour illustrer la guerre civile et la progression de l’État islamique autoproclamé en Syrie, le présentateur montre deux photographies satellite prises de nuit.

Un premier cliché éclairé du ciel syrien datant de 2011 fait face à une image obscure prise en 2015. En quatre ans de conflit, 83 % des lumières ont disparu.

Certaines cités dévastées, telle Alep, se sont quasiment éteintes. Autant la lumière nocturne est synonyme de vie urbaine, de consommation d’énergie et d’essor économique d’un pays, autant la nuit rime avec ruines, exode des habitants et peur des survivants de devenir les cibles d’attaques aériennes, explique-t-il.

Conclusion du commentateur du JT : la guerre et l’obscurantisme plongent la Syrie dans les ténèbres.

Son. Ecoutez l'édito de Catherine Lalanne. Source : RCF.

 

Un autre panorama nocturne, joyeux celui-là, me revient en mémoire : à la tombée du jour sur le port de Marseille, le Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) s’illumine de tous les bleus de la Méditerranée ; la dentelle turquoise du moucharabieh embrase la jetée.


À l’intérieur du musée, une exposition aussi éclairante – le jour – que la mise en lumière de l’édifice – la nuit. Son titre phare : Lieux saints partagés. Nous nous en sommes déjà fait l’écho dans nos colonnes, mais la progression de Daech et sa récente prise de Palmyre lui donnent encore plus d’acuité. Son propos ?

L’affrontement entre les religions, instrumentalisé par les extrémistes, n’est pas une fatalité. De nombreux lieux sacrés de Méditerranée témoignent d’une dévotion commune : pèlerins, rites et croyances s’y côtoient sans tension.

De la synagogue de Djerba, en Tunisie, au monastère Saint-Georges, près d’Istanbul, en passant par les basiliques jumelles de Marseille et d’Alger, juifs, chrétiens et musulmans partagent saints et prophètes ; Abraham et Marie passent d’une rive à l’autre.

Conclusion du commissaire de l’exposition : montrer des pèlerins de religions différentes priant en paix côte à côte éclaire l’avenir.

Alors que l’ombre noire de Daech s’étend sur le globe, l’azur du Mucem absorbe les ténèbres ; son message rallume des lueurs d’espérance. Là où les hommes se parlent et se respectent, la lumière jaillit. Quand ils imposent silence et soumission aux autres, le monde s’assombrit.

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Paru le 12 juillet 2018

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