La mémoire du monde en danger

agrandir Les toits de la Sainte-Chapelle, à Paris.
Les toits de la Sainte-Chapelle, à Paris. © Stéphane Compoint
Les toits de la Sainte-Chapelle, à Paris.
Les toits de la Sainte-Chapelle, à Paris. © Stéphane Compoint

Au détour d’une visite de la Sainte Chapelle, n’oublions pas le peuple d’Irak et tous ceux dont la vie et la mémoire sont menacées. Leur patrimoine culturel est, en effet, la première cible des belligérants.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À lire aussi

À propos de l'article

  • Créé le 08/10/2014
  • Publié par :Catherine Lalanne
  • Édité par :Aurore Hautbois
  • Publié dans Pèlerin
    6880, du 9 octobre 2014

Cités antiques ravagées, sanctuaires vandalisés, sites archéologiques pillés, trésors revendus pour financer une guerre barbare, l’Unesco lance un cri d’alarme : le patrimoine d’Irak, parmi les plus riches du monde, est en danger.

Les djihadistes de Daesh se livrent à la destruction systématique de tout ce qui diffère de leur idéologie. Leur violence implacable vise avec la même barbarie les monuments et les hommes : à Mossoul, ils détruisent le tombeau du prophète Jonas comme ils menacent de mort les chrétiens qui refusent de se convertir à leur religion.

Son. Ecoutez l'édito de Catherine Lalanne, rédactrice en chef à Pèlerin.



Les milliers de vies humaines en péril au Proche-Orient ne rendent-elles pas dérisoire l’appel de l’Unesco ? Faut-il s’alarmer pour des biens matériels quand des populations entières sont persécutées au nom de leur origine ou de leur foi ?


Établir une hiérarchie entre les pierres et les hommes, c’est oublier que la destruction de la mémoire collective est inséparable des tragédies humaines.

Ceux qui anéantissent les édifices culturels et religieux d’une communauté la privent sciemment de son identité, spolient les générations futures d’un héritage légitime : la survie d’un peuple est intimement liée à la transmission de son histoire.

Depuis toujours les belligérants font du patrimoine leur cible privilégiée. Souvenons-nous du bombardement de la cité-musée de Dubrovnik en 1991 et du pont ottoman de Mostar en 1993, du dyna­mitage des bouddhas de Bamiyan en 2001, du saccage des manuscrits et des mausolées de Tombouctou, de la destruction du marché d’Alep en 2012…

Vidéo. Attaque de la cité-musée de Dubrovnik. Source : UNESCO. Durée : 3 min 30.




En Croatie, en Afghanistan, au Mali, en Syrie, les exactions contre la culture accompagnent les crimes de guerre.

Loin de ces zones de conflit, dans une Europe aujourd’hui en paix, nous redécouvrons cette semaine les vitraux de la Sainte-Chapelle à Paris. Restaurées pour le 800e anniversaire de la naissance de Saint Louis, ces sublimes verrières expriment la foi d’un grand roi chrétien.

Que serait notre capitale sans son passé médiéval ? Sommes-nous conscients de notre chance de nous inscrire dans une histoire préservée ?

En visitant la Sainte-Chapelle, n’oublions pas le peuple d’Irak et tous ceux dont la vie et la mémoire sont menacées. Quand on prive un peuple de sa culture, on lèse l’humanité tout entière, on abîme la mémoire du monde.

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

Soutien aux projets de restauration de Fondation du Patrimoine

elias 06/03/2015 à 13:35

Il y a urgence pour beaucoup de communes qui souhaitent garder leur patrimoine historique. Exemple https://www.fondation-patrimoine.org/fr/bourgogne-5/tous-les-projets-292/detail-eglise-saint-julien-de-thury-30841

Paru le 21 septembre 2017

Notre Librairie

Voyages et croisières