Femmes de courage

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Femmes de courage au jour le jour. © Simon Blackley / Flickr / CC
Femmes de courage au jour le jour.
Femmes de courage au jour le jour. © Simon Blackley / Flickr / CC

À l'occasion de la Journée de la femme qui a lieu chaque année le 8 mars, Catherine Lalanne revient sur l'entrée au Panthéon de deux anciennes résistantes.

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À propos de l'article

  • Créé le 05/03/2014
  • Publié par :Catherine Lalanne
  • Édité par :François Boulard

Ce 8 mars, le féminin est à l’honneur. Alors que Pèlerin démonte les idées reçues sur le sexe faible, le président de la République annonce l’entrée prochaine de deux résistantes au Panthéon : Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Elles rejoignent Marie Curie, une héroïne de leur trempe, dans le temple de la République masculine. Aux grandes femmes aussi, la patrie témoigne enfin sa reconnaissance !

►Son. Écoutez l'édito de Catherine Lalanne du 5 mars 2014.

 

Et quelles femmes ! Dans la France recouverte par l’ombre nazie, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz se lèvent avec un courage lumineux. Déportées au camp de Ravensbrück, elles font preuve d’une force morale inouïe. Leurs armes ? L’humour de la première, la foi de la seconde, leur don partagé pour l’amitié.

À Ravensbrück, Germaine Tillion remonte le moral de ses camarades en composant une opérette comique sur leurs conditions de détention. Les déportées la chantonnent et se moquent ensemble de leur malheur.

Que reste-t-il quand il ne reste plus rien à opposer à la barbarie ? Le rire. On peut rire jusqu’à la dernière minute.

→ Germaine Tillion, ancienne résistante.

Dans l’antre de la cruauté, Germaine Tillion ranime l’humanité par la gaieté et l’amitié. Sa compagne de captivité, Geneviève de Gaulle-Anthonioz témoigne : « Elle puisait sa force d’âme en démontant mentalement la mécanique qui nous écrasait, pour lutter contre l’absurdité du mal. »

La nièce du général n’est pas en reste. Au camp, sa parenté avec le chef de la France libre lui fait frôler la mort. Isolée au cachot dans des conditions inhumaines, elle survit par la prière et grâce à la solidarité des déportées, capables, en mourant de faim, de garder un peu de leur ration de pain pour lui confectionner un gâteau d’anniversaire.

Elle déclare : « En entrant dans le camp, c’est comme si Dieu était resté à l’extérieur (…) Je l’ai retrouvé dans le visage de mes camarades. »Entre la clairvoyante et la croyante, l’amitié forgée dans l’enfer restera d’acier.

Libérées, elles seront de tous les combats pour la dignité humaine : l’une en Algérie, l’autre dans les bidonvilles. Alliant la force à la tendresse, le goût de la justice à celui de la vérité, le respect de la vie sera leur credo. Une définition du courage au féminin ? Chers lecteurs, c’est à vous d’en juger !

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Paru le 19 juillet 2018

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