Vite, une nouvelle Europe !

agrandir Vite, une nouvelle Europe !
© Toby Melville/Reuters
Vite, une nouvelle Europe !
© Toby Melville/Reuters

L'édito de Benoît Fidelin, rédacteur en chef.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 30/06/2016
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6970 du 30 juin 2016

C’est la faute des autres !

Le pire, après le résultat du référendum au Royaume-Uni, serait de tomber dans cet éternel panneau de la défausse et de la recherche d’un bouc émissaire à ses propres erreurs. De n’attribuer les raisons du Brexit qu’à l’insularité britannique. Qu’à la campagne mensongère des partisans du « leave » (« quitter »). Qu’à la démagogie des europhobes qui, eux, en revanche, incriminent en permanence Bruxelles pour masquer la vacuité de leurs solutions politiques.

Non, le vote du 23 juin est aussi dû, en bonne partie, aux renoncements de l’Europe. Et ces derniers s’incarnent en premier lieu dans les territoires perdus de la mondialisation. Le pays de Galles sinistré et le nord ouvrier de l’Angleterre, qui ont plébiscité le « leave », symbolisent la paupérisation de tant de campagnes et friches industrielles du Vieux Continent !

Bien sûr, la liberté des échanges, valeur fondatrice de l’Union européenne, crée au final plus d’emplois qu’elle n’en détruit. Mais le drame est qu’elle les crée toujours dans les mêmes espaces au profit de populations mobiles et éduquées, et les détruit toujours dans les mêmes enclaves, au détriment de catégories sociales modestes et peu qualifiées. D’où la révolte de cette Europe périphérique, qui doit désormais servir de cap aux acteurs de la reconstruction européenne.

De grâce, qu’ils réagissent en opérant un tête-à-queue historique !

Vite, au nom de la solidarité, l’harmonisation des politiques sociales et fiscales des États membres, pour bâtir un socle de minima sociaux au service des plus fragiles et de l’égalité des chances entre les territoires.

Vite, au nom de la sécurité, une défense commune et un contrôle des frontières extérieures de l’Union, afin de gérer les flux migratoires.

Vite, au nom des peuples, une gouvernance plus démocratique qui légitime les institutions communautaires.

Vite, au nom de l’avenir, l’ancrage de l’Europe dans les esprits grâce à l’essentiel : l’éducation, capable d’enseigner aux jeunes générations que l’on peut être originaire d’une nation et européen en même temps, que l’on ne perd pas une identité en en acquérant une autre. Mieux, ces identités peuvent s’enrichir les unes les autres.

Vite, au nom de la paix, avant qu’il ne soit trop tard.

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

Contre l'uniformisation.

Frédéric 05/07/2016 à 11:47

"On ne perd pas une identité en en acquérant une autre" Voilà qui est discutable. Les gens de bon sens qui forment les peuples savent ce qu'ils veulent garder au nom de la diversité.

Paru le 5 avril 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières