Solidarité avec les pays pauvres !

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Clandestins sur un bateau au large de la Sicile. © Vito Manzoni / CC / Wikipedia
Clandestins sur un bateau au large de la Sicile.
Clandestins sur un bateau au large de la Sicile. © Vito Manzoni / CC / Wikipedia

Coup de colère de Benoît Fidelin, rédacteur en chef à Pèlerin : la contribution de la France à l’égard des pays en développement a chuté contrairement à celle de nos voisins européens.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 03/06/2015
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6914, du 4 juin 2015

« J’ai honte ! Jamais notre aide publique au développement n’a tant baissé, malgré une manne budgétaire jamais aussi grasse. » Ce « coup de gueule », lancé au début de l’année 2002 par Erik Orsenna, me revient en mémoire.

L’écrivain dénonçait alors la réduction du budget français consacré à la solidarité envers les pays pauvres. Certes, la fameuse « cagnotte » accumulée à l’époque par le gouvernement Jospin grâce à une croissance miracle, a depuis fondu comme neige au soleil sous l’effet des crises successives.

Son. Ecoutez l'édito de Benoît Fidelin. Source : RCF.

 

Mais tout de même ! Quel cri d’alarme pourrait, aujourd’hui encore, lancer notre académicien face à ces chiffres récemment publiés : la contribution de la France à l’égard des pays en développement a chuté de plus de 900 millions d’euros depuis 2011.

 À tel point que notre aide est tombée, en proportion, à 0,36 % de notre richesse nationale, très loin de l’objectif de 0,70 % fixé par l’ONU. Un recul continu de la générosité, à l’heure où la contribution des pays riches à l’égard des plus démunis augmente de manière générale.


Pourquoi une telle défausse ? La faute à la dépression économique qui secoue l’Europe et nous contraint tous à l’austérité ? Mais alors, comment font le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark et la Norvège qui respectent, eux, leurs engagements vis-à-vis des Nations unies au gré d’un effort près de deux fois supérieur au nôtre ?

Et l’Allemagne, qui va augmenter son aide de 8 milliards de dollars en 2016-2019 ? En fait, nombre de ces pays ont réalisé, à coups de réformes courageuses, des économies sur leur budget de fonctionnement pour mieux privilégier les investissements d’avenir.

Consacrer davantage d’argent à la résolution des crises humanitaires dans les pays en développement, y améliorer les services publics de la santé et de l’éducation, les aider à relever le défi climatique, voilà en effet la véritable urgence !

Au nom d’un juste partage des richesses. Mais aussi pour contribuer à la paix et lutter contre l’émigration en provenance de ces pays, but primordial à l’heure où des dizaines de milliers de clandestins fuient sur la Méditerranée au péril de leur vie.

La priorité est donc plus que jamais au progrès partagé plutôt qu’aux économies de bout de chandelle sur un budget solidaire. Ce n’est pas aux pays pauvres de faire les frais de notre déficit !

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Paru le 19 juillet 2018

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