Solidaires avec les agriculteurs

agrandir Benoît Fidelin appelle à trouver des solutions en vue de proscrire définitivement le travail à perte de trop d’agriculteurs.
Benoît Fidelin appelle à trouver des solutions en vue de proscrire définitivement le travail à perte de trop d’agriculteurs. © highwaystarz/Fotolia
Benoît Fidelin appelle à trouver des solutions en vue de proscrire définitivement le travail à perte de trop d’agriculteurs.
Benoît Fidelin appelle à trouver des solutions en vue de proscrire définitivement le travail à perte de trop d’agriculteurs. © highwaystarz/Fotolia

Le salon de l'agriculture ouvre samedi 27 février à Paris. À cette occasion, Benoit Fidelin, rédacteur en chef à Pèlerin s'inquiète des difficultés profondes rencontrées par les agriculteurs aujourd'hui?

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À propos de l'article

  • Créé le 24/02/2016
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    6952 du 25 février 2016

Benoît Fidelin © Bruno Levy

Benoît Fidelin © Bruno Levy

“Sortons ensemble de 
la crise agricole. » C’était le titre, 
en forme de cri d’espoir, de l’un de mes éditoriaux l’été dernier. Et ce n’était pas le premier que je consacrais aux graves difficultés du monde paysan, et des éleveurs en particulier, tant cette détresse qui n’en finit pas me touche personnellement et relève d’une injustice majeure viciant nos échanges commerciaux.

Car, dénonçons-le une nouvelle fois ici 
avec force, alors que s’ouvre à Paris le Salon 
de l’agriculture : dans la chaîne qui aboutit 
à la fixation des prix alimentaires, il n’existe qu’une seule et unique variable d’ajustement : les agriculteurs. C’est toujours à eux de s’aligner pour que les prix baissent avec, au bout du compte, des revenus indécents semant la désespérance sociale !

Dans ces conditions, le « plan Marshall » à engager sans tarder pour dénouer la crise agricole sur la durée doit s’appuyer sur 
de fortes mesures de régulation, capables 
de proscrire définitivement le travail à perte de trop d’agriculteurs. Les industriels transformant les produits et les grandes enseignes les distribuant, via une poignée de centrales d’achat sans pitié, doivent être obligés, par l’État, de réduire et d’afficher leurs marges.

Efforts individuels et collectif

Mais les consommateurs que nous sommes devont aussi faire des efforts en acceptant 
de payer un peu plus cher notre nourriture. Alors que la part des dépenses d’alimentation dans le budget des ménages français s’élevait 
à 35 % en 1960, elle est aujourd’hui tombée 
à 20, voire 15 %, au fil de cette guerre des prix semant la désolation dans nos campagnes.

Dure résolution solidaire en ces temps difficiles ? Sans doute, mais il suffit de très peu 
– quelques dizaines de centimes d’euro – 
pour rétribuer au juste prix des producteurs via une filière commerciale enfin équitable. Mais pourquoi, me direz-vous, un tel effort collectif en faveur d’une seule profession ? Parce que l’agriculture n’est pas un service marchand comme un autre, les paysans 
produisant bien davantage que des aliments consommables : des paysages, de la biodiversité, des pièges à carbone, etc.

Sans parler 
des millions d’emplois directs et indirects vivifiant les territoires ruraux… Il suffit 
de voir les agriculteurs passionnés que 
Pèlerin met en scène cette semaine, 
pour se convaincre que leur activité relève, 
en partie, de l’intérêt général.

6952Couv dossier agriculture

Cette semaine, retrouvez dans Pèlerin n°6952, un grand dossier :

L’agriculture ils y croient encore

Impitoyable, la crise frappe les éleveurs qui ne parviennent plus à vivre de leur travail. Pourtant, nombre d’agriculteurs ne changeraient de métier pour rien au monde. Alors que s’ouvre le Salon de l’agriculture, Pèlerin est allé à la rencontre de paysans attachés de façon passionnée à la terre et qui montrent la voie d’un avenir possible pour ce secteur.

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Paru le 12 juillet 2018

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