Révolte capitale

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Manifestation à Paris en soutien à Ali Mohammed Al-Nimr © CITIZENSIDE/GEORGES DARMON / citizenside.com
Manifestation à Paris en soutien à Ali Mohammed Al-Nimr
Manifestation à Paris en soutien à Ali Mohammed Al-Nimr © CITIZENSIDE/GEORGES DARMON / citizenside.com

Benoît Fidelin, rédacteur en chef à Pèlerin, dénonce sur la sentence définitive contre Ali Mohammed Al-Nimr en Arabie Saoudite et revient sur ses convictions à l'encontre de la peine de mort.

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À propos de l'article

  • Créé le 14/10/2015
  • Publié par :Benoit Fidelin
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    6933 du jeudi 15 octobre 2015

«Décapité au sabre en place publique, crucifié et exposé jusqu’à la décomposition des chairs. » Non, cette phrase n’est pas extraite d’un livre sur le Moyen Âge ou les affres de l’Inquisition. Il s’agit d’un verdict très contemporain, prononcé il y a un an et demi dans l’un des pays les plus exécuteurs de la planète, l’Arabie saoudite.

Le condamné à cette sentence barbare qui menace de lui être infligée dans les jours à venir : un jeune homme de 21 ans, Ali Mohammed Al-Nimr, sanctionné pour avoir simplement participé, en 2011, à des manifestations contre le régime de Riyad, en écho au « printemps arabe ». Son visage juvénile, barré au front par une mèche rebelle, me hante depuis que je l’ai découvert sur des images diffusées par des organisations de défense des droits de l’homme. Je l’ai même affiché devant moi, ce samedi 10 octobre 2015, date de la treizième Journée internationale contre la peine de mort, alors que j’écris ce texte pour vous prendre à témoin de ma révolte et des convictions qui m’opposent à ce châtiment.

Celles-ci tiennent en une salve d’arguments, pour moi irréfutables. Il s’agit d’abord du droit à la vie, inhérent à toute personne humaine. Puis de la justice faillible des hommes (combien d’innocents condamnés !) et du caractère non dissuasif de cette sanction qui n’arrête pas les assassins fanatisés, leurs crimes n’augmentant d’ailleurs nullement dans les pays abolitionnistes. Cela tient, enfin, au fait que cette peine radicale réfute la possibilité d’amendement du condamné et nie toute idée de seconde chance. « Une juste et nécessaire punition ne doit jamais exclure la dimension de l’espérance et l’objectif de réhabilitation », a déclaré le pape François en plaidant, le 25 septembre dernier face au Congrès américain, pour « l’abolition totale de la peine de mort ».

Quant à ma révolte, inspirée par le sort du jeune Saoudien dont on espère que le Premier ministre Manuel Valls aura su défendre la cause lors de son voyage d’affaires à Riyad, elle prend aussi pour cible le très mal nommé Conseil des droits de l’homme de l’ONU. La présidence d’une de ses commissions vient en effet d’être confiée à… l’Arabie saoudite ! Cette distinction offerte à une théocratie sanguinaire me donne envie de dénoncer un paradoxe fou avec les mots de Victor Hugo : 


Que dit la loi ? Tu ne tueras pas ! Comment le dit-elle ? En tuant !

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Paru le 18 janvier 2018

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