Pas touche à la kippa !

agrandir Pas touche à la kippa !
© malajscy/Fotolia
Pas touche à la kippa !
© malajscy/Fotolia

Benoît Fidelin, rédacteur en chef à Pèlerin, s’indigne devant les violences religieuses, désemparé.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 20/01/2016
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    6947 du 21 janvier 2015

Cette fois – et ce n’est pourtant pas dans ma nature – les bras m’en sont tombés. Désarroi et sidération. Voilà ce que j’ai ressenti après l’attaque à la machette commise, la semaine dernière, contre un enseignant d’une école juive de Marseille.

Que l’agresseur âgé de 15 ans, bon élève issu d’une famille kurde a priori bien intégrée, n’ait eu « d’autre rêve que de s’attaquer aux juifs », ne peut que provoquer l’effarement.

Tout comme les chiffres qui suivent : 719 agressions antisémites ont été dénombrées au cours des dix premiers mois de 2015, et 51 % des actes racistes commis dans notre pays en 2014 ont été dirigés contre les juifs, qui représentent… moins de 1 % de la population française.

Enfin, et c’est un comble, cette ultime violence s’est déroulée dans la cité phocéenne. Elle qui a si longtemps réussi, malgré tout, à


« sauver la paix entre ses communautés » !

Cette dernière phrase, c’était, je m’en souviens, le titre d’un reportage que j’avais réalisé en avril 2002 à Marseille, après l’incendie d’une synagogue, fait criminel qui avait sidéré la population.

« L’explosion générale ne surviendra pas, car chaque étranger qui débarque ici marche dans les pas d’un immigrant précédent, qui lui indique le chemin de l’intégration », tempérait un élu. « Nous avons amassé dans cette ville un véritable capital paix”. et ce n’est pas une poignée d’extrémistes qui vont rompre la concorde entre les religions », ajoutait un prêtre, responsable, sur place, des relations avec le judaïsme.

Il faisait notamment allusion à Marseille Espérance, structure municipale alors inédite en France, car rassemblant tous les représentants des religions afin qu’elles dialoguent au profit de la fraternité dans la cité.


« Tout ça pour ça ! »

→ est-on tenté de s’écrier aujourd’hui. Et puis non, ne cédons pas au découragement, ai-je finalement réagi. Après tout, à Marseille, un représentant de la communauté musulmane m’avait aussi assuré que de tels agissements, plutôt que de diviser les communautés, allaient « les souder davantage ».

C’est sur cette mobilisation, toujours à l’œuvre à Marseille et dans toute la France pour le « bien-vivre ensemble », qu’il faut continuer à miser. Envers et contre tous les fanatiques. Et en soutenant nos frères juifs, pour que jamais ils ne soient contraints de dissimuler leurs marques d’appartenance spirituelle. Pas touche à leur kippa, symbole d’un trésor inestimable : la liberté religieuse.

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 19 avril 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières