La dignité d’un homme

agrandir Benoît Fidelin, rédacteur en chef à "Pèlerin".
Benoît Fidelin, rédacteur en chef à "Pèlerin". © Bruno Levy
Benoît Fidelin, rédacteur en chef à "Pèlerin".
Benoît Fidelin, rédacteur en chef à "Pèlerin". © Bruno Levy

Un grand malaise et même de la révolte. Voilà, sincèrement, ce qu’a suscité en Benoît Fidelin, rédacteur en chef à Pèlerin, la large diffusion, à la télévision et sur Internet, la semaine dernière, d’une vidéo dévoilant des images de Vincent Lambert, 38 ans, plongé dans un état végétatif sans manifestation de conscience, après un accident de la route survenu il y a huit ans.

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À propos de l'article

  • Créé le 17/06/2015
  • Modifié le 23/07/2015 à 09:11
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6916, du 18 juin 2015

Durant deux minutes, un « proche » l’a filmé à bout portant dans sa chambre d’hôpital, tout en lui tenant près de l’oreille un téléphone mobile à travers lequel s’exprimait la mère du patient. Cette dernière, ainsi que son époux, refuse l’arrêt des traitements, validé par toutes les juridictions, y compris, le 5 juin dernier, par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

► Son. L'édito de Benoit Fidelin sur RCF.

 

 Un arrêt également demandé par l’épouse de Vincent et une grande partie de sa famille. En réaction à la décision de la CEDH, la vidéo avait pour but de montrer que Vincent Lambert n’est pas un malade en fin de vie mais une personne handicapée.

 Une démonstration contestée par les médecins et une partie de la famille.

Mon propos n’est pas de trancher cette affaire si douloureuse et complexe, qui bouleverse tous ceux qui, comme moi, sont attachés de toutes leurs forces au respect de la vie.

Mais d’abord de regretter, profondément, que ce dilemme ait été ainsi jeté en pâture sur la place publique, au gré de violentes polémiques. Alors que le respect dû à Vincent Lambert appelait la discrétion. Et que s’imposent, face à une telle souffrance, un dialogue familial et un suivi médical délivrés de toutes pressions extérieures.

 Enfin, il s’agit de défendre ni plus ni moins que la dignité d’un homme ! Celle-ci est bafouée, foulée aux pieds, dès lors qu’est violé un principe essentiel : le respect de son intimité. Surtout dans le cas d’un malade brisé et alité, en état d’extrême fragilité et incapable de donner son consentement.

Ayant atteint cette extrémité, il appelle au contraire toute notre humanité. Car rien ne justifie de transformer un gisant en objet, au fil d’une dérive médiatique qui touche, là encore, au respect de la personne, de sa vie, de son intimité.

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Paru le 5 avril 2018

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