L’impôt oui, mais efficace !

agrandir « On préfère défiscaliser et vous donner de l’argent plutôt qu’à l’État qui le gaspille sans scrupule », a	 pu entendre Benoît Fidelin, rédacteur en chef à "Pèlerin".
« On préfère défiscaliser et vous donner de l’argent plutôt qu’à l’État qui le gaspille sans scrupule », a pu entendre Benoît Fidelin, rédacteur en chef à "Pèlerin". © Guillaume Duris / Fotolia.com
« On préfère défiscaliser et vous donner de l’argent plutôt qu’à l’État qui le gaspille sans scrupule », a	 pu entendre Benoît Fidelin, rédacteur en chef à "Pèlerin".
« On préfère défiscaliser et vous donner de l’argent plutôt qu’à l’État qui le gaspille sans scrupule », a pu entendre Benoît Fidelin, rédacteur en chef à "Pèlerin". © Guillaume Duris / Fotolia.com

Benoît Fidelin, rédacteur en chef à Pèlerin, dresse le constat suivant : malgré une hausse des prélèvements de près de 70 milliards d’euros depuis 2011, dette et déficit publics n’ont pas été réduits.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 10/11/2015
  • Publié par :Benoit Fidelin
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6937, du 12 novembre 2015

Il y a un mois, j’animais la réunion annuelle d’une association que je préside depuis vingt ans. Celle-ci mène, grâce à des dons privés, des projets humanitaires en Asie. Évoquant leur participation à ces actions, nombre de nos adhérents me tenaient en substance, cette année, et de manière inédite, les mêmes propos du genre :

On préfère défiscaliser et vous donner de l’argent plutôt qu’à l’État qui le gaspille sans scrupule. 

Bref, une véritable défiance vis-à-vis de l’impôt, exprimée par des personnes de toutes conditions sociales et opinions politiques, généreuses et profondément attachées à l’intérêt général.

En fait, ce n’est pas l’impôt qu’elles fustigeaient, mais son inefficacité, résumée par un constat : malgré une hausse des prélèvements de près de 70 milliards d’euros depuis 2011, dette et déficit publics n’ont pas été réduits.

Comment pourrait-il en être autrement ? Non seulement le gouvernement ne baisse pas les dépenses publiques et privilégie la hausse des prélèvements, mais ceux-ci
se perdent dans le tonneau des Danaïdes de la France administrée, dont les travers sont bien connus : dérive des frais de fonctionnement, mauvaise gestion de certaines entreprises publiques, refus des réformes structurelles et courageuses.

Tout se passe comme si l’État se redistribuait d’abord à lui-même le produit de l’impôt, avant d’en allouer une trop faible part aux dépenses d’investissement et à la réduction de la dette, éléments clés pour l’avenir du pays.

Que cette proportion s’inverse et, j’en suis certain, l’impôt, même élevé mais devenu efficace, serait autrement légitime aux yeux d’une majorité de nos compatriotes.

Malheureusement, on en est loin. Et ce n’est pas le dernier avatar fiscal qui rétablira cette confiance essentielle en démocratie, tant il paraît marqué du sceau de l’injustice et de la mauvaise foi.

Que l’on ne nous raconte pas d’histoires ! La suppression progressive de la demi-part des veuves, n’importe quel responsable politique au fait des mécanismes fiscaux savait qu’elle aurait pour effet d’assujettir brutalement 900 000 retraités modestes à l’impôt.

Cette bombe à retardement, c’est la présidence Sarkozy qui l’avait déclenchée. C’est peu dire, donc, si les torts sont partagés ! 

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Paru le 12 juillet 2018

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