Tous nazaréens

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Distribution de nourriture à des réfugiés, en Irak. © Florian Seriex/ACF International/DFID UK Department for International Development/CC Flickr
Distribution de nourriture à des réfugiés, en Irak.
Distribution de nourriture à des réfugiés, en Irak. © Florian Seriex/ACF International/DFID UK Department for International Development/CC Flickr

Le Pèlerinage national à Lourdes a été l'occasion d'une rencontre spéciale pour Antoine d'Abbundo, rédacteur en chef à Pèlerin. Il y a discuté avec un chrétien d'Irak, désespéré par la situation de ses coreligionnaires dans son pays.

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À propos de l'article

  • Créé le 20/08/2014
  • Publié par :Antoine d'Abbundo
  • Édité par :Vincent Mui
  • Publié dans Pèlerin
    6873 du 21 août 2014

De l’antique plaine de Ninive, au nord de l’Irak, montent depuis des jours les cris de détresse et les appels à l’aide des chrétiens d’Orient fuyant la barbarie de l’État islamique qui prétend restaurer le califat dans la région. L’écho de cette tragédie a résonné, la semaine dernière, jusqu’à Lourdes où des milliers de pèlerins venus honorer Marie, reine de la paix, ont manifesté leur solidarité et leur communion avec les minorités persécutées du Moyen-Orient.

Moment intense, lors de la procession aux flambeaux, le 14 août au soir, lorsque l’évêque du lieu, Mgr Nicolas Brouwet, a récité le chapelet en arabe devant la grotte de Massabielle, invitant à prier pour les communautés chrétiennes d’Irak, mais aussi de Syrie et de Terre sainte. Geste fort posé le lendemain, pour la messe de l’Assomption, quand on a vu Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris et président du 141e Pèlerinage national, arborant sur sa chasuble, à la place du cœur, un "noûn", première lettre arabe du mot "nazaréen", stigmate antichrétien pour les djihadistes, devenue signe de ralliement et symbole de fierté.

Son. L'édito d'Antoine d'Abbundo.



C’est le signe qui m’a fait rencontrer Amer, au pied de la Vierge couronnée, au cœur du sanctuaire. Fier d’être chrétien, Amer l’est assurément. Désemparé aussi devant le drame qui se joue sur cette terre d’Irak qui l’a vu naître et où ses ancêtres vivaient depuis le Ier siècle. Exilé en France depuis 2001, cet homme de 43 ans, marié, père de trois enfants, a trouvé refuge dans la cité lourdaise mais s’angoisse pour sa famille restée au pays. Et s’emporte devant l’inaction des responsables politiques. "Cela fait quatorze siècles que nous subissons des persécutions, mais qui s’intéresse à nous? Il n’y a plus d’avenir pour les chrétiens au Moyen-Orient. Pour nous sauver, il faudrait un miracle", m’a-t-il confié, dans un sourire douloureux.

Comment redonner espoir à Amer et aux siens? La solution est d’abord entre les mains de la communauté internationale qui doit, d’urgence, utiliser tous les moyens, y compris le recours raisonné à la force, pour protéger les minorités menacées. Cela ne signifie pas que nous, simples citoyens, simples croyants, soyons condamnés à l’impuissance. "Les chrétiens d’Orient n’ont pas besoin de notre colère, de notre peur ou de notre violence, a rappelé Mgr de Moulins-Beaufort sur l’esplanade de Notre-Dame-du-Rosaire. Ils ont besoin que nous priions pour eux, que nous apprenions à mieux les connaître, à partager leurs souffrances et les aidions dans l’épreuve." Parce que nous sommes tous des nazaréens.

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Paru le 12 juillet 2018

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