Les Roms, des "hommes"

agrandir Un membre de la communauté Roms expulsé d'un camps à Roubaix (Nord), le 3 octobre 2013.
Un membre de la communauté Roms expulsé d'un camps à Roubaix (Nord), le 3 octobre 2013. © Philippe Huguen/AFP
Un membre de la communauté Roms expulsé d'un camps à Roubaix (Nord), le 3 octobre 2013.
Un membre de la communauté Roms expulsé d'un camps à Roubaix (Nord), le 3 octobre 2013. © Philippe Huguen/AFP

Face aux méthodes utilisées à l'égard des gens du voyage, les chrétiens ne peuvent rester indifférents.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 07/10/2013
  • Publié par :Antoine d'Abbundo
  • Édité par :Geoffrey Defebvre

On les appelle indifféremment les Gitans, les Tsiganes, les Bohémiens, les Romanichels... Autant de termes péjoratifs qui évoquent, dans notre imaginaire, les campements insalubres, les trafics en tout genre et la vision sordide de mendiants qui exploitent leurs propres enfants.

Autant de noms lancés comme des insultes sur ces « gens du voyage » qui, périodiquement, cristallisent les peurs et les préjugés des « installés ». C'est oublier qu'entre eux, ils s'appellent... « les hommes », traduction du mot « Roms » qui désigne ces populations installées en Occident depuis des siècles.

Vidéo. Un camp de Roms démantelé à Roubaix, le 27 septembre 2013. Source : BFMTV.



Dans toute l'Union européenne, on en compterait 12 millions. Ils seraient 350 000 à 500 000 en France, dont la quasi-totalité est de nationalité française et sédentaire et ne revendiquent autre chose que d'être respectés comme citoyens à part entière.

Des chiffres et des faits qu'il est bon de rappeler à l'heure où la confusion règne sur le sujet. Qui visait alors Nicolas Sarkorzy en dénonçant, le 21 juillet 2010, au lendemain des événements de Saint-Aignan, « le comportement de certains parmi les gens du voyage » et en promettant « la fermeture de tous les campements en situation irrégulière » ?

Entre eux, ils s'appellent... « les hommes », traduction du mot « Roms »

Principalement les quelque milliers de Roms roumains ou bulgares réfugiés sur notre territoire depuis la chute du Mur ? Sans doute. Et il serait irresponsable de nier que leur présence ne pose pas problème.

Pour autant, qui peut défendre qu'une politique d'accueil digne de la France peut se résumer à une surenchère de mesures policières ? Qui peut croire que le démantèlement de 300 camps illicites en trois mois, objectif fixé par le Président, suffira à régler la question ?

Après les associations et l'opposition, quelques voix à droite s'élèvent pour dénoncer les méthodes utilisées depuis quinze jours.

Face à cette situation, les chrétiens ne peuvent rester indifférents. Les plus engagés, notamment l'aumônerie catholique des gens du voyage, sont déjà largement mobilisés pour appuyer la recherche de « solutions concertées et volontaristes ».

Les plus circonspects méditeront cette parole du Christ : « Ce que vous avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait » (Matthieu, 25, 40). Elle est toujours d'actualité.

En juillet 2010, une cinquantaine de Roms attaquait la gendarmerie de Saint-Aignan (Loir-et-Cher) après la mort de l'un des leurs, Luigi Duquenet, 22 ans, tué alors qu'il tentait de franchir un barrage policier.

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Paru le 4 janvier 2018

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