Justice ou sécurité ?

agrandir Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, et Christiane Taubira, garde des Sceaux.
Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, et Christiane Taubira, garde des Sceaux. © I.Télé
Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, et Christiane Taubira, garde des Sceaux.
Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, et Christiane Taubira, garde des Sceaux. © I.Télé

La réforme pénale met au jour les dissensions au sein du gouvernement Ayrault. Antoine d’Abbundo, rédacteur en chef à Pèlerin, s’interroge quant à  la cohérence de l’action menée en matière de sécurité et de lutte contre la récidive.

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À propos de l'article

  • Créé le 21/08/2013
  • Publié par :Antoine d'Abbundo
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6821, du 22 août 2013

L'entente cordiale affichée par ces deux-là n'aura pas survécu à l'été : d'évidence, le torchon brûle entre la garde des Sceaux, Christiane Taubira, et son collègue de l'Intérieur, Manuel Valls.

Vidéo. Le bras de fer entre Christiane Taubira et Manuel Valls. Source I.Télé.

 

À droite, on peut bien se frotter les mains, la guéguerre de positions que se livrent, depuis des semaines, les deux poids lourds du gouvernement a de quoi inquiéter les Français sur la cohérence de l'action menée en matière de sécurité et de lutte contre la récidive.

Vidéo. Valls/Taubira : « Un couac de plus dans la gestion gouvernementale. » Source :  Le Figaro.

 

La première escarmouche a eu lieu début août 2013, après que le parquet de Chartres décide de relâcher dans la nature trois voyous au prétexte que la prison locale était pleine.

L'affaire, étalée dans les médias, fait sursauter le « premier flic de France » qui se dit « partisan d'une exécution ferme des peines, même les plus courtes ». Réplique, cinglante, de la ministre de la Justice : « La loi a été appliquée. » Ambiance...

Nouvelle passe d'armes, quinze jours plus tard, avec la publication d'une note, réputée confidentielle, dans laquelle Manuel Valls démolit le projet de réforme pénale que doit présenter, sous peu, Christiane Taubira.

La suppression des peines planchers instaurées en 2007 ? L'instauration d'un aménagement systématique aux trois quarts de la peine ? La création d'une peine de probation qui remplacerait, parfois, l'incarcération ?

Supprimer les prisons est sans doute une utopie dangereuse. Croire que leurs hauts murs suffisent à nous protéger est tout aussi illusoire.

Sur tous ces sujets, le résident de la place Beauvau exprime son désaccord. Se posant en garant de l'ordre républicain, soucieux des réalités de terrain et des attentes de l'opinion, il plaide pour une « exigence accrue de fermeté ».

Problème : malgré la sévérité accrue des magistrats, le taux de récidive reste terriblement élevé. Aussi, la locataire de la place Vendôme n'en démord pas : selon elle, pour les condamnés à de courtes peines, les politiques d'accompagnement sont plus efficaces que la prison pour briser la spirale de la délinquance et lutter contre la surpopulation carcérale. Principe généreux. Encore faut-il s'en donner les moyens qui manquent cruellement.

Justice ou sécurité ? Comprendre ou punir ? Réinsérer ou se protéger ? Ces questions n'ont sans doute pas fini d'enflammer les passions et de susciter les oppositions simplistes quand la sagesse dicterait de remplacer le « ou » par le « et ». Supprimer les prisons est sans doute une utopie dangereuse. Croire que leurs hauts murs suffisent à nous protéger est tout aussi illusoire. 

► Retrouvez l'édito d'Antoine d'Abbundo dans Pèlerin, n° 6821, du 22 août 2013.

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Paru le 5 avril 2018

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