Chrétiens ET citoyens

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Chrétiens ET citoyens
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Pour qui les catholiques voteront-ils ? La question se pose à chaque élection mais prendra, à l’occasion des municipales, en mars 2014, un relief particulier après une année agitée par le débat sur le mariage homosexuel.

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À propos de l'article

  • Créé le 25/02/2014
  • Publié par :Antoine d'Abbundo
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6848, du 27 février 2014

Fer de lance de la contestation concernant le mariage homosexuel, beaucoup de catholiques – notamment parmi la jeune génération – ont puisé dans les manifestations un goût nouveau pour la mobilisation et l’action politique.

Minoritaires dans une société sécularisée, ils ont découvert qu’ils pouvaient peser sur les décisions ou à tout le moins résister, entraînant une partie non négligeable de l’opinion en quête de valeurs et de repères.

Certains, issus de la Manif pour tous ou du mouvement des Veilleurs, ont décidé de s’engager dans la bataille en investissant les partis traditionnels, voire en s’invitant sur les listes pour promouvoir leur vision du monde. Reste à savoir si cette stratégie sera payante et susceptible de modifier la donne électorale.

On peut en douter pour au moins trois raisons. D’abord parce que ce catholicisme identitaire et militant touche avant tout un électorat qui votait déjà, traditionnellement, à droite.

Eviter le double piège la banalisation et du communautarisme

Ensuite, parce que tous les croyants n’ont pas été forcément opposés à la loi Taubira. Et si d’autres sont troublés par les évolutions sociétales, ils n’estiment pas toujours judicieux de descendre dans la rue en cherchant le soutien de la hiérarchie ecclésiastique.

Enfin, parce que les municipales sont un scrutin où les enjeux locaux pèsent souvent plus lourd que les polémiques nationales. Écoles, impôts, logement, action sociale… au moment de déposer son bulletin dans l’urne, les préoccupations des catholiques ne sont guère différentes de celles de leurs voisins.

D’autant que nombre d’entre eux, engagés dans des associations de terrain, se coltinent au quotidien ces réalités.

Et si le vrai défi posé aux croyants était d’éviter le double piège de la banalisation et du communautarisme ? À ne plus oser dire qui l’on est, on se condamne à l’impuissance. À trop le dire, on cultive l’illusion de la toute-puissance.

Face au « désenchantement du politique », le chrétien a un rôle spécifique à jouer : être un citoyen, comme tout le monde, animé de l’esprit de service et porteur d’une espérance qui, bien qu’inscrite au fronton de nos mairies figure le parent pauvre de notre République, la fraternité.

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Paru le 19 avril 2018

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