Bioéthique : non à la croisade, oui à la vie !

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Antoine d'Abbundo, rédacteur en chef à "Pèlerin". © William Beaucardet
Antoine d'Abbundo, rédacteur en chef à "Pèlerin".
Antoine d'Abbundo, rédacteur en chef à "Pèlerin". © William Beaucardet

Le parlement vote la nouvelle loi de bioéthique. Tâche immense et enjeu vital puisqu'il s'agit, ni plus ni moins, que de distinguer le bien du mal pour mieux délimiter les bornes du progrès.

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À propos de l'article

  • Créé le 14/01/2014
  • Publié par :Antoine d'Abbundo
  • Édité par :Gilles Donada
  • Publié dans Pèlerin
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Au terme d'un long processus législatif entamé en octobre 2010, l'Assemblée nationale, le 21 juin 2011, puis le Sénat, le 23 juin 2011, devaient voter définitivement la loi qui va préciser, pour les sept années à venir, ce qui est permis et ce qui est interdit en matière de techniques biomédicales. Tâche immense et enjeu vital puisqu'il s'agit, ni plus ni moins, que de distinguer le bien du mal pour mieux délimiter les bornes du progrès.

À vrai dire, ce vote ne réservera guère de surprise puisque le texte adopté devrait être conforme, peu ou prou, à un projet gouvernemental marqué par le souci d'équilibre. Ainsi, la gestation pour autrui (GPA), qui désigne le fait qu'une femme puisse devenir la « mère porteuse » de l'enfant d'une autre, ne sera pas légalisée.

De même, l'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) restera réservé aux couples hétérosexuels quand d'aucuns prétendaient l'élargir aux couples homosexuels. Enfin, surtout, le régime actuel d'interdiction de la recherche sur l'embryon - sauf dérogations - sera reconduit à l'identique ou presque, malgré la pression de lobbies scientifiques et industriels qui ont tenté, jusqu'à la dernière minute, d'obtenir la levée de cet interdit fondamental.

Les plus pragmatiques pourront donc soutenir que l'essentiel a été préservé. Mais certains points, qui ne sont pas de détails, continuent de poser problème. Notamment les conditions dans lesquelles sera, demain, pratiqué le dépistage prénatal qui permet de s'assurer qu'un fœtus n'est atteint d'aucune maladie grave ou anomalie génétique. Plusieurs associations, souvent chrétiennes, alertent depuis longtemps sur la dérive eugéniste qui a cours en France et que pourrait accentuer la nouvelle loi.

On le voit, notre civilisation peine de plus en plus à s'accorder sur les valeurs et les règles qui la fondent. Tous ceux, croyants ou non, qui défendent le principe que la dignité de l'être humain, du début à la fin de la vie, ne peut se négocier, doivent donc rester plus que jamais vigilants et mobilisés. Non pour entrer en une résistance stérile, encore moins pour se lancer dans on ne sait quelle croisade, mais bien plutôt pour poursuivre le dialogue avec une société en mal de repères. Et apprendre, ensemble, à dire « oui à la vie ».

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Paru le 19 juillet 2018

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