Bangladesh, la mauvaise conscience de l’Europe

agrandir Une usine textile, à Dacca (Bangladesh), parmi celles censées respecter au mieux les normes.
Une usine textile, à Dacca (Bangladesh), parmi celles censées respecter au mieux les normes. © Andrew Biraj / Reuters
Une usine textile, à Dacca (Bangladesh), parmi celles censées respecter au mieux les normes.
Une usine textile, à Dacca (Bangladesh), parmi celles censées respecter au mieux les normes. © Andrew Biraj / Reuters

Le 24 avril 2013, l'effondrement d'un bâtiment sur des ouvriers du textile au Bangladesh a fait plus d'un millier de morts. Cette catastrophe met en lumière les faiblesses de l'État et les dérives de la course aux bénéfices.

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À propos de l'article

  • Créé le 08/06/2013
  • Modifié le 08/06/2013 à 12:00
  • Publié par :Laurence Desjoyaux
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6807, 16 mai 2013

Trois semaines après l'écroulement du Rana Plaza, dans la banlieue de la capitale Dacca, des corps sans vie sont encore extraits des décombres. Dans les ruines du bâtiment qui abritait cinq ateliers de confection textile, des étiquettes de marques de prêt-à-porter ont été retrouvées : Benetton, Mango, Tex...

Le Bangladesh attire. Ce pays a misé sur des salaires de 30 à 40 € par mois, les plus bas au monde, pour concurrencer ses voisins et se développer. Le résultat est là : avec 7 % de croissance en 2011, le pays est devenu, au détriment de 3 millions d'ouvriers pauvres, le deuxième exportateur de textile après la Chine. 60 % de ces exportations sont destinées au marché européen.

Vidéo. Arrestation du propriétaire du Rana Plaza et bila des victimes de l’effondrement de l’immeuble, le 28 avril 2013. Source: Euronews.

Face au drame du Rana Plaza, pas de coupable désigné, mais « une responsabilité collective », souligne Gilbert Houngbo, directeur général adjoint de l'Organisation internationale du travail (OIT), qui revient du Bangladesh.

En premier lieu, responsabilité du gouvernement du pays. « Le Bangladesh est un État défaillant, dénonce Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Éthique sur l'étiquette.

État qui n'a pas intérêt à se montrer trop sévère s'il veut continuer d'attirer les investisseurs. » « L'OIT se bat pour un meilleur engagement des politiques locaux, reconnaît Gilbert Houngbo. Car la réglementation est insuffisante et il n'y a pas assez d'inspecteurs pour contrôler les usines. »

Si une convention tripartite entre gouvernement, industriels et syndicats sur la prévention des incendies a été signée en mars 2013, il a fallu attendre l'écroulement du Rana Plaza et les menaces de sanctions commerciales de l'Union européenne pour que l'État décide enfin de fermer des usines dangereuses.

Vidéo.  Production textile au Bangladesh, à quel prix ?  Interview de Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Ethique sur l'éthiquette. Un numéro de l’émission 7 jours sur la planète . Durée : 9 min 30.

 

Autres responsables : les entreprises internationales. Elles trouvent au Bangladesh une main-d'œuvre bon marché leur permettant de réaliser des marges importantes tout en offrant aux clients des prix très bas. « Les intérêts du commerce ne doivent pas supplanter les droits humains élémentaires ! » proteste Gilbert Houngbo. Selon lui, les coûts financiers de tels désastres et le scandale qui peut ternir la réputation des firmes textiles en cause vont faire bouger les lignes.

De fait, depuis les années 1990 et les premières affaires, comme celle impliquant Nike dont l'un des sous-traitants exploitait des enfants, plusieurs groupes ont adopté des chartes de bonne conduite. Et réalisent des « audits sociaux » dans leurs usines.

Pour Nayla Ajaltouni cela n'a pas permis d'améliorer les conditions de travail, sauf, peut-être, au Vietnam ou au Cambodge.


► Lire la suite de l’article de Laurence Desjoyaux Bangladesh, la mauvaise conscience de l’Europe , dans Pèlerin  n° 6807, du 16 mai 2013.

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Paru le 18 janvier 2018

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