À Ghislaine et Claude

agrandir Claude Verlon et Ghislaine Dupont, les deux journalistes français ont été exécuté au Mali, le 2 novembre 2013.
Claude Verlon et Ghislaine Dupont, les deux journalistes français ont été exécuté au Mali, le 2 novembre 2013. © Jacques Brinon/AP/SIPA
Claude Verlon et Ghislaine Dupont, les deux journalistes français ont été exécuté au Mali, le 2 novembre 2013.
Claude Verlon et Ghislaine Dupont, les deux journalistes français ont été exécuté au Mali, le 2 novembre 2013. © Jacques Brinon/AP/SIPA

Le monde de la presse est en deuil après l'exécution sommaire, le 2 novembre 2013, de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes de RFI, au Mali.

Dossier

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 06/11/2013
  • Publié par :Antoine d'Abbundo
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6832, du 7 novembre 2013.

Abattus. Froidement. « Deux balles pour l’un. Trois balles pour l’autre », a précisé, détail glaçant, le chef de la diplomatie française pour attester la barbarie du geste.

On croyait en avoir fini : le cauchemar continue. Trois jours à peine après la délivrance tant attendue de Daniel Larribe, Thierry Dol, Pierre Legrand et Marc Féret, on apprenait, incrédules et sonnés, le rapt suivi de l’exécution sommaire de deux journalistes français, envoyés spéciaux de Radio France Internationale à Kidal, au nord du Mali.

Vidéo. Le rappel des faits. Source : BFM TV.

 

Elle s’appelait Ghislaine Dupont. « Gigi » pour ses collègues du service Afrique de RFI. Un continent que cette journaliste passionnée de 57 ans sillonnait depuis des années, ce qui lui avait valu des ennemis, mais encore plus d’amis et le respect de ses pairs.

À ses côtés, Claude Verlon, 55 ans, technicien chargé des transmissions, bidouilleur de génie et baroudeur dans l’âme. Sans les connaître, je joins à toutes les autres mes pensées pour leur famille et leurs proches et mes prières pour qu’ils reposent en paix. Qu’ajouter face à un crime aussi abject ?

 ► Son.Ecoutez l’édito d’Antoine d’Abbundo.

 

S’émouvoir, mais aussi s’interroger. Car si l’on connaît mal les circonstances exactes de ce drame, il soulève de lourdes questions. Et d’abord : qui les a tués ? Et pourquoi ?


« Les assassins sont les groupes terroristes que nous combattons », a affirmé Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères.


C’est probable, mais reste à le prouver. Ces deux meurtres sont-ils liés à la libération des otages du Niger ? Rien ne le dit, mais il n’est pas exclu que le versement d’une rançon – ce que nie le gouvernement – ait suscité l’appétit de mafieux ou des règlements de comptes entre factions.

Ghislaine et Claude avaient radicalement choisi, oui, de témoigner au nom de la vérité qui est gage de notre liberté. Ils l’ont payé de leur vie.

Enfin, ce crime commis dans une ville quadrillée par trois armées – malienne, française et onusienne – est un signe inquiétant de l’insécurité persistante qui agite cette partie du pays. La guerre du Mali est-elle vraiment gagnée, comme on nous l’avait affirmé ?


C’est pour rendre compte de la réalité, qui contredit parfois les discours officiels, que Ghislaine Dupont et Claude Verlon s’étaient rendus à Kidal. Pour faire leur métier : celui d’informer. C’est-à-dire aller là où personne ne veut aller, enquêter, interroger, raconter.


Était-ce raisonnable compte tenu des risques avérés ? Certains diront que les journalistes ne sont pas les seuls exposés, que ce sont les risques du métier, que le jeu n’en vaut pas la chandelle.


Ghislaine et Claude avaient radicalement choisi, oui, de témoigner au nom de la vérité qui est gage de notre liberté. Ils l’ont payé de leur vie. Nous leur en sommes redevables.

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Paru le 12 juillet 2018

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