Voyons large… mais pas trop

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Le TER, transport express régional. © Cklx / Flickr / CC
Le TER, transport express régional.
Le TER, transport express régional. © Cklx / Flickr / CC

Anne Ponce, directrice de la rédaction à Pèlerin, revient sur la polémique qui a entaché l’image de la SNCF et les résultats des élections européennes 2014.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 28/05/2014
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6861, du 29 mai 2014.

Les bras nous en tombent. La semaine dernière, nous avons donc appris que la SCNF avait commandé des TER trop larges. Les nouvelles rames sont plus modernes et au standard international. Oui, mais voilà : elles sont trop larges pour entrer dans certaines gares.

Il va donc falloir « raboter » 1 300 quais afin de permettre aux nouveaux trains de circuler. Les experts expliquent cet incroyable dysfonctionnement par une mésentente entre la SNCF et RFF (Réseau ferré de France).

On a oublié aussi qu’une partie de nos installations dataient du XIXe siècle et qu’il n’était pas si facile d’y faire circuler une technologie du XXIe siècle. Bref, un concentré de bourdes à la française : de grandes idées, beaucoup de têtes bien pleines, mais pas assez de concertation et de travail de terrain.

►Son. Écoutez l’édito d’Anne Ponce.

 

Il n’y a pas que nos trains régionaux qui soient en difficulté. Les résultats des élections démontrent que le train de l’Europe est lui aussi en panne dans notre pays. L’Union est large et même de plus en plus large– 6 pays fondateurs, 28 membres aujourd’hui – ; elle se veut moderne et au standard international.

Oui, mais voilà, cette Union n’a pas su trouver la voie vers le cœur des Français. Les analystes évoquent la crise, le chômage, le rejet de François Hollande, les mésententes au PS et à l’UMP. Plus profondément, on a peut-être oublié que, depuis la fin du XVIIIe siècle, l’espace de la démocratie est la nation et qu’il n’est pas facile pour les institutions européennes, même au XXIe siècle, d’établir leur légitimité. L’écoute du terrain est plus que jamais indispensable.

Nous sommes là encore englués dans les contradictions à la française. Un pays qui exporte ses TGV à l’international mais qui peine à faire entrer ses TER dans ses propres gares. Un pays qui envoie ses soldats au Mali ou en Centrafrique pour donner une chance à la démocratie mais dont plus de la moitié des citoyens ne s’est pas déplacée pour voter.

Un pays qui mange des pizzas, rêve de voitures allemandes, se meuble suédois et se délecte de séries télé britanniques mais qui envoie une gifle à l’Europe. Bref un pays qui voit large… mais pas trop. Il est temps de le remettre sur les rails de la confiance. Ce n’est sûrement pas le moment de baisser les bras.

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Paru le 18 janvier 2018

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