Vive les impôts ! (?)

agrandir Vive les impôts ! (?)
© Sié
Vive les impôts ! (?)
© Sié

Si je commence cet éditorial  en écrivant « Vive les impôts ! », j’ai comme l’impression que je risque de m’attirer des ennuis…

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 04/12/2013
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6836, du 5 décembre 2013.

Certains d’entre vous vont me regarder de travers, surtout si vous êtes un Breton à bonnet rouge, si vous faites partie d’un centre équestre ou encore si vous êtes transporteur routier.

Son. Ecoutez l’édito d’Anne Ponce

 

Rassurez-vous cependant, je n’habite pas sur la planète Mars et j’ai moi-même fait « gloups ! » à la réception de mon dernier avis d’imposition. Cela dit, en ces temps de fronde antifiscale, risquons quand même un plaidoyer.

L’impôt est ce qui permet à l’État de fonctionner. Sans impôt, pas de police, pas d’école, pas de ramassage des poubelles, pas d’entretien des routes, pas de réfection du toit de l’église. L’obligation de payer ses impôts a été établie par la Déclaration des droits de l’hommede 1789. Cela fait partie des devoirs du citoyen.


La perte de crédibilité de l’impôt devient alors le symptôme d’une démocratie vacillante

Et ce devoir est suspendu à un droit : celui de consentir à l’impôt, par l’intermédiaire de la représentation nationale. Tout ce beau système est cependant fragile.

La fraude, le recours aux paradis fiscaux, les inégalités de traitement, tout autant que le gaspillage, la complexité et la dépense mal contrôlée, peuvent miner la crédibilité du système.

Tout peut alors se dérégler. Au moment de payer, chacun peut alors être tenté de se sentir le dindon de la farce et de soupçonner les autres d’être – selon les cas – des assistés, des petits malins ou des privilégiés. On y est.

La perte de crédibilité de l’impôt devient alors le symptôme d’une démocratie vacillante, d’un manque de consensus national autour d’un projet collectif.

Voilà pourquoi la « remise à plat » proposée par le Premier ministre est nécessaire et particulièrement ambitieuse. La barre est haute.
Il faut redonner de la lisibilité à l’édifice fiscal pour qu’il soit simple, équitable et efficace.


L’impôt doit être un instrument au service de la solidarité et du bien commun, un outil participant à la construction de notre démocratie et du lien social.


Le plus vite possible, j’aimerais pouvoir écrire « Vive les impôts ! » sans provoquer un tollé ou sans avoir l’air ridicule. 

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 19 avril 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières