Tous victimes de l’obsolescence ?

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Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin © William Baucardet
Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin
Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin © William Baucardet

Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin, s’intéresse, cette semaine, aux produits à durée de vie volontairement limitée. En effet, une proposition de loi vise a été déposée au Sénat pour protéger le consommateur de ce qu’on appelle « l’obsolescence programmée ».

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Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 08/06/2013
  • Modifié le 08/06/2013 à 12:00
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    n° 6805, 2 mai 2013.

C'est toujours la même histoire. « Oui, on peut vous le réparer – mais il faut commander la pièce – cela va prendre au moins trois semaines – la garantie vient d'expirer et de toute façon cela va coûter plus cher que d'en acheter un neuf. »

Ainsi s'est terminée la vie de mon lave-linge à la suite d'une « erreur F5 » apparue sur l'écran de programmation. Je pourrais vous raconter la même histoire avec le micro-ondes, la console de jeux de mes enfants et, surtout, le lave-vaisselle, avec lequel je dois être à la cinquième génération. Pour nous tous, ce genre de problème se nomme une « tuile ». Dans un langage savant, cela s'appelle « l'obsolescence programmée »

Son.  Ecoutez l'édito d'Anne Ponce.

 

Voilà pourquoi j'ai dressé l'oreille la semaine dernière en entendant parler de la proposition de loi du groupe écologiste au Sénat. Les Verts veulent limiter la pratique des industriels consistant à réduire la durée de vie des produits de consommation pour nous obliger à en acheter de nouveaux.

Mon lave-linge tombe en panne : ce n'est peut-être pas seulement de la malchance, c'est aussi parce qu'il est conçu pour ne pas durer trop longtemps.

Je ne sais pas si les parlementaires vont trouver un moyen pour détecter et interdire l'obsolescence programmée. Mais cette proposition de loi a le mérite de mettre le doigt sur une dérive folle de notre société : le gaspillage est quasi nécessaire à l'économie ; si nous n'achetons pas toujours plus, le système s'écroule.

Voir ou revoir  le documentaire Prêt à jeter, de Cosima Dannoritzer, en 2010. Durée 1 h 15 min.

 

Et c'est d'ailleurs ce qui se passe. Preuve que nous arrivons au bout d'une logique de fuite en avant. Ce n'est donc pas un hasard si resurgissent, en résistance, des pratiques alternatives, comme le recyclage, le troc, le prêt, les échanges gratuits de compétences ou de services.

Au final, vous seriez en droit de m'interpeller : « Et vous ? Ne faites-vous pas un journal conçu pour n'être totalement performant que pendant sept jours ? » Bon, je vous accorde que quelques fonctions de Pèlerin,  comme le programme télé, perdent leur pleine valeur d'usage au bout d'une semaine.

En revanche, les « dossiers », « conseils », « convictions », « bonne nouvelle », « découverte », « rencontres » et « plaisir de la lecture » sont garantis à vie. Pour le sens, il n'y a jamais d'obsolescence.

 A télécharger :  le rapport du Centre Européen de la Consommation (CEC) intitulé : L’obsolescence programmée ou les dérives de la consommation ;  21 pages.

► Lire aussi l’article de Marie-Christine Vidal Enfin protégés contre le coup de panne ?  dans Pèlerin  n° 6805, du 2 mai 2013.

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Paru le 18 janvier 2018

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