Retraites, et les femmes alors ?

agrandir Anne Ponce
Anne Ponce © Eric Garault
Anne Ponce
Anne Ponce © Eric Garault

Pour réussir, la réforme des retraites doit être viable, durable, équitable et... un brin féministe.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 16/09/2010
  • Modifié le 30/08/2013 à 12:00
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Gilles Donada
  • Publié dans Pèlerin
    6668

Le débat sur les retraites bat son plein : après l'Assemblée nationale, bientôt la discussion au Sénat. La mobilisation sociale démontre cependant que la réforme suscite encore bien des résistances. La plupart des Français reconnaissent, en effet, qu'une réforme est nécessaire, mais beaucoup craignent qu'elle soit injuste. Et voilà ce qui explique, en premier lieu, les résistances sociales.

Évidemment, chacun peut avoir sa propre conception de la justice. Dans tous les cas, une réforme réussie et acceptée doit cependant emprunter des points de passage incontournables.

Tout d'abord, un système ne peut être juste que s'il est viable et durable. Or, une chose est claire : l'édifice actuel est condamné à la faillite, l'immobilisme était exclu. Il est donc nécessaire de reconstruire un système qui soit financièrement équilibré de façon durable.

Ensuite, pour être juste, la réforme doit être équitable. En ce sens, le rapprochement des régimes des fonctionnaires et des salariés prévu par le gouvernement est logique. Il faut aussi tenir compte des particularités de certains métiers : la pénibilité (qui joue sur l'espérance de vie) doit peser dans la balance et c'est d'ailleurs sur ce point que le gouvernement a fait quelques concessions.

Enfin, et c'est le plus délicat, un système ne doit pas seulement être une belle construction convenant aux vies de travail sans accroc. Car, aujourd'hui, une vie professionnelle est rarement linéaire. Il y a les périodes de travail et de chômage, les changements de filière ou d'entreprise, les temps partiels choisis ou subis, les interruptions de carrière pour s'occuper des enfants.

Les femmes sont particulièrement concernées : aujourd'hui, moins de la moitié d'entre elles ont une carrière complète (contre 86 % des hommes). Pénalisées, elles payent le prix fort au moment de la retraite. Sur ce point, il est dommage que cette question des femmes n'ait pas fait l'objet d'une réflexion à part entière. Serait-ce parce que les ministres et les responsables syndicaux sont en très grande majorité des hommes ? Viable, durable, équitable et... un brin féministe, voilà quelques repères pour peaufiner le nouveau régime des retraites. Au boulot, les artisans de la réforme !

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 19 juillet 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières