Râler, et après ?

agrandir " Ce sont souvent ceux qui crient le plus fort qui trouvent l’oreille des médias et du gouvernement", Anne Ponce.
" Ce sont souvent ceux qui crient le plus fort qui trouvent l’oreille des médias et du gouvernement", Anne Ponce. © Gelpi/Fotolia
" Ce sont souvent ceux qui crient le plus fort qui trouvent l’oreille des médias et du gouvernement", Anne Ponce.
" Ce sont souvent ceux qui crient le plus fort qui trouvent l’oreille des médias et du gouvernement", Anne Ponce. © Gelpi/Fotolia

Au jeu de « qui ronchonne et rouspète le plus », constatons que les Français de 2014 se montrent particulièrement doués. Un peu trop…

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 12/11/2014
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6885, du 13 novembre 2014

D’accord, il y a certainement des tas de raisons de râler. Aujourd’hui tout spécialement ; mais aussi en tout temps et en tout lieu.

Il est peut-être dans la nature humaine de se montrer insatisfaite et, après tout, cela peut se révéler stimulant pour faire changer les choses. A ce jeu de « qui ronchonne et rouspète le plus », constatons cependant que les Français de 2014 se montrent particulièrement doués. Un peu trop.

Tout cela devient inquiétant, même très inquiétant. C’est à se demander s’il existe encore des gens qui pensent que les choses vont bien ou du moins que tout ne va pas si mal.

 Son. Ecoutez l'édito d'Anne Ponce.

 

Multiples sont aujourd’hui les catégories de population qui estiment être ignorées, incomprises ou honteusement désavantagées. écotaxe, réforme des professions réglementées, barrage de Sivens, fiscalité : les sujets de grogne s’accumulent.

Pire : ce sont souvent ceux qui crient le plus fort qui trouvent l’oreille des médias et du gouvernement.

Vous voulez avoir gain de cause ? Mieux vaut faire du chambard, bloquer et casser. Terrible. Car d’une confrontation musclée, on peut vite glisser au drame : la mort d’un manifestant au barrage de Sivens en témoigne de façon tragique.

Au stade où nous en sommes, même les personnes les plus paisibles et les plus optimistes risquent de se fâcher. Ecoutez les gens autour de vous. Vous constaterez que ceux qui comptent sur la raison et le dialogue supportent de moins en moins que les derniers à parler et à montrer les biscotos emportent la décision au détriment de l’intérêt général.

Explosif. Car, au total, cela commence à faire vraiment beaucoup de gens énervés. Notre pays est sur le fil du rasoir : dans l’histoire des peuples, il n’y a parfois pas loin de l’insatisfaction à la désespérance, de la méfiance à l’exaspération, des mouvements d’humeur à la violence hors de contrôle.


Prenons garde que l’addition de toutes ces râleries pour l’instant dispersées ne finisse en jacquerie nationale.

Il en va de notre responsabilité commune. Râler, ça défoule un moment. Mais pour trouver la solution aux problèmes, il vaudrait mieux retrouver collectivement les voies du courage, du dialogue et de la responsabilité.

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Paru le 18 janvier 2018

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