Places de crèches

agrandir Anne Ponce, directrice de la rédaction de "Pèlerin",  regrette la récupération politique proprement insensée concernant les crèches de Noël.
Anne Ponce, directrice de la rédaction de "Pèlerin", regrette la récupération politique proprement insensée concernant les crèches de Noël. © Silvano Rebai / Fotolia.com
Anne Ponce, directrice de la rédaction de "Pèlerin",  regrette la récupération politique proprement insensée concernant les crèches de Noël.
Anne Ponce, directrice de la rédaction de "Pèlerin", regrette la récupération politique proprement insensée concernant les crèches de Noël. © Silvano Rebai / Fotolia.com

Anne Ponce, directrice de la rédaction, revient sur le psychodrame à propos des crèches installées dans les lieux publics.

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À propos de l'article

  • Créé le 10/12/2014
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6889, du 11 décembre 2014

Hier soir, j’étais dans un restaurant italien et il y avait une crèche dans l’entrée. Depuis fin novembre, il y a aussi une crèche dans la vitrine de mon boulanger, dans celle du pressing et même chez le vendeur de produits orientaux de la rue piétonne.

 Son. Ecoutez l’édito d’Anne Ponce.

 

Par ailleurs – et cela n’a rien à voir mais quand même – il y a toute l’année un autel des ancêtres chez tous les traiteurs chinois du quartier.

Tout cela pour dire que le psychodrame de ces derniers jours à propos de crèches installées dans certains lieux publics me semble un peu exagéré. Sans compter la récupération politique proprement insensée.

Bien sûr, le jugement du tribunal administratif de Nantes correspond à la stricte application de la loi de séparation de l’Église et de l’État. Il demande le retrait de la crèche montée dans le hall
du conseil général de Vendée ; or, le texte de 1905 interdit en effet « les signes et emblèmes religieux » dans les bâtiments publics.

Vidéo. Vendée : polémique à la suite de l'interdiction d'une crèche de Noël. Source : France 2.

 

Dans la lettre, la législation est donc appliquée. Pourtant, l’opinion publique d’habitude si sourcilleuse sur le respect de la laïcité manifeste cette fois son incompréhension. Étonnant. Le paradoxe n’est toutefois qu’apparent.

L’opinion ne voit rien de mal aux crèches dans les bâtiments publics car elle ne voit tout simplement plus dans la crèche un signe… religieux.

A l’image de Noël devenu une fête familiale, la crèche est aujourd’hui davantage une tradition culturelle que la célébration chrétienne du mystère de l’Incarnation.

Du coup, l’interdiction des Rois mages dans les bâtiments publics est reçue par beaucoup avec la même perplexité que la fin décrétée des feux de cheminées en région parisienne : pourquoi se priver d’une tradition propre à réchauffer les froides journées d’hiver ?

Réjouissons-nous donc de la pérennité des traditions et de l’empreinte de la culture chrétienne sur notre pays que cela révèle malgré tout.

Mais n’oublions pas aussi de cultiver le vrai sens de Noël. Souvenons-nous que, dès les origines, la Nativité raconte l’histoire d’un bébé couché dans une mangeoire car il n’y avait pas de place pour sa famille dans la salle commune (Luc 2, 7.) : de Bethléem au conseil général de Vendée, il n’est décidément pas facile de trouver sa place ! Sur ce, je vous laisse, il est temps d’installer mes 42 santons de Provence sur ma cheminée.

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Paru le 5 avril 2018

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