Peugeot, coup de frein ou marche avant ?

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Anne Ponce © Eric Garault
Anne Ponce
Anne Ponce © Eric Garault

Le groupe PSA Peugeot Citroën va fermer l'usine d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Des milliers d'emplois sont menacés en France. "Pourtant, l'industrie est un moteur vital pour une économie," insiste Anne Ponce.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 19/07/2012
  • Modifié le 03/01/2014 à 07:00
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6764, du 19 juillet 2012

Beaucoup de gens parlaient déjà d'un "été pourri". Jusque-là, il s'agissait de météo : de froid et de pluie sur une grande partie du pays. Rien de bien grave. Mais voilà que l'annonce, par le groupe PSA Peugeot Citroën, de la fermeture de l'usine d'Aulnay refroidit beaucoup plus sérieusement le moral du pays.

Cette fois, il s'agit de 10 000 emplois menacés dans toute la France, de familles désespérées, de régions touchées et d'économies locales déstabilisées. C'est aussi un événement symbolique fort : Peugeot est l'une des premières entreprises automobiles de l'histoire, créée à la fin du XIXe siècle.

La marque au lion, ce sont des générations de 205, la 403 de l'inspecteur Columbo, le FC Sochaux, aujourd'hui les premiers modèles hybrides, sans compter la 3008 familiale dont je suis très contente... Une histoire, une fierté nationale.

► Vidéo. Ce reportage, réalisé le 17 juillet 2012 par BFM TV, présente les raisons de la fermeture de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois : une surcapacité de production et le coût élevé de la main d’œuvre (1'23 mn).

Et voilà, qu'on a l'impression d'un grand coup de frein. Avec un examen de conscience qui refait surface : sommes-nous encore capables de produire des voitures en France ? Et, plus largement, quel avenir pour notre industrie ? Il faut bien l'admettre, il fut un temps où il était de bon ton de croire, voire de plaider, pour une France sans industrie, un pays promis à l'avenir radieux d'une société de services.

À la Chine, les usines besogneuses aux ouvriers mal payés ; à nous les emplois qualifiés, la recherche et les emplois tertiaires. Las, les choses ne tournent pas ainsi. Des pays comme l'Allemagne démontrent que l'industrie reste un moteur vital pour une économie tandis que l'Inde ou la Corée disposent, désormais, de bataillons d'ingénieurs et de chercheurs.

La Chine ne se contente plus de confectionner des tee-shirts à bas prix, elle envoie aussi des hommes dans l'espace. Car lorsqu'on produit, on finit aussi par concevoir. Retrouver une politique industrielle digne de ce nom est donc un enjeu décisif pour la France.

C'est vital pour les grands groupes comme Peugeot, mais aussi pour toutes ces petites et moyennes entreprises qui se battent pour innover, produire, exporter et créer de l'emploi. Pour l'industrie, la France doit repasser la marche avant.

► Émission. Sur RFI, écoutez le reportage devant l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois le jour de l'annonce de la fermeture de leur site (1'21 mn).

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Paru le 18 janvier 2018

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