Panne d'’essence et pénurie de sens

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Anne Ponce © William Beaucardet
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Anne Ponce © William Beaucardet

Les manifestations autour de la retraite ont provoqué des pannes d'essence, mais elles ont peut-être aussi révélé une pénurie de sens...

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 16/07/2013
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Anne Ponce
  • Publié dans Pèlerin
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Ces jours-ci, la France était en panne d'essence. La grève dans les raffineries et le blocage des dépôts pétroliers ont entraîné des difficultés d'approvisionnement. La panique a aussi largement contribué à la pénurie : inquiets à l'idée de manquer de carburant, beaucoup de conducteurs se sont rués à la pompe et les ont asséchées. Résultats : des stations fermées et des automobilistes pénalisés.

Panne d'essence donc et peut-être pénurie de sens... Au fil des grèves et des manifestations, on ne sait plus toujours très bien dans quel débat et dans quel conflit on se situe.

Opposition à un projet de loi ou défiance plus large face à Nicolas Sarkozy ? Désir de justice pour les retraites ou malaise par rapport à la vie professionnelle actuelle ? Manipulation ou angoisse de la jeunesse ? Volonté de préparer l'avenir ou refus de considérer la situation des comptes du pays ? Comme souvent en cas de conflit social enlisé, tout s'entremêle.

Mais il est temps maintenant de faire le plein. D'abord le plein d'essence. Les grévistes et les manifestants ont fait entendre leurs voix pendant le débat. Mais la loi sur les retraites a été votée par le Parlement. Que l'on soit satisfait ou non, force doit rester à la représentation nationale.

Les députés et sénateurs sont les élus de la Nation : en régime de démocratie représentative, leur choix traduit la volonté du peuple. Ceux qui veulent revenir sur la loi pourront s'exprimer lors des prochaines élections présidentielle et législatives dans dix-huit mois. Il sera alors temps pour chaque citoyen de dire s'il souhaite reprendre la route avec la majorité actuelle ou bien changer de direction.

Après le plein d'essence, il faudra aussi penser au plein de sens. On a déjà parlé ici de la nécessité de repenser le sens du travail et la place faite à la jeunesse sur le marché de l'emploi. On pourrait se pencher aussi sur la qualité du débat politique et inventer enfin un dialogue social constructif. Notre démocratie a besoin de se remettre dans le sens de la marche. Il faut réamorcer la pompe des projets communs d'avenir. « Le plein, s'il vous plaît ! »

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Paru le 21 juin 2018

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