Oui, les Français aiment la politique

agrandir « Les Français aiment la politique et ils savent le faire savoir en temps voulu », Anne Ponce, directrice de la rédaction de "Pèlerin".
« Les Français aiment la politique et ils savent le faire savoir en temps voulu », Anne Ponce, directrice de la rédaction de "Pèlerin". © Paty Wingrove / Fotolia.com
« Les Français aiment la politique et ils savent le faire savoir en temps voulu », Anne Ponce, directrice de la rédaction de "Pèlerin".
« Les Français aiment la politique et ils savent le faire savoir en temps voulu », Anne Ponce, directrice de la rédaction de "Pèlerin". © Paty Wingrove / Fotolia.com

Au lendemain du premier tour des élections départementales, Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin, tire les leçons de l’engagement citoyen des Français.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 25/03/2015
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6904, du 26 mars 2015

Quoi qu’on en dise, les Français aiment la politique. Certes, ils rejettent en majorité les orientations du gouvernement, doutent de la capacité des élus à avoir prise sur la marche du monde et ont une furieuse envie de blackbouler les caciques de tous bords.

 Son. Ecoutez l'édito d'Anne Ponce sur RCF.

 

Mais ils gardent malgré tout leur réflexe démocratique. Ainsi, avant toute chose, nos concitoyens n’aiment pas qu’on décide à leur place. Ils n’ont aucunement l’intention de laisser aux sondages le loisir de prédire à l’avance ce qu’ils ont l’intention de décider librement dans le secret de l’isoloir.

C’est ainsi que, dimanche dernier, les pronostics ont été en partie déjoués. D’une part, la participation a été plus forte que prévue : l’éclipse de l’engagement citoyen n’a été que partielle. D’autre part, la vague « bleu marine » n’a pas été la marée du siècle.



Les Français aiment donc la politique ou, en tout cas, ils aimeraient l’aimer.


 

Les attentes sont là ; elles sont immenses, peut-être même parfois exorbitantes. L’abstention elle-même en est un signe : elle reste forte mais elle se révèle symptôme d’amour déçu plus que d’indifférence ou d’insouciance.

L’enracinement du Front national va dans le même sens qui se fonde lui aussi sur beaucoup de déceptions. A-t-on suffisamment noté que le slogan de ce parti pour ces élections affichait « l’espérance bleu marine » ? L’utilisation d’un vocabulaire religieux en dit long sur le vague à l’âme d’une part de l’électorat. Attentes incommensurables…

Le rôle d’un parti est de faire des propositions pour gouverner mais peut-il et doit-il prendre en charge l’espérance ? Personnellement j’en doute ; l’espérance est une vertu théologale, pas une promesse politique.


Les Français aiment la politique et ils savent le faire savoir en temps voulu. On les croit endormis et résignés. Et puis ils se réveillent pour défendre l’essentiel, comme lors des rassemblements du 11 janvier après les attentats terroristes.


Ou bien ils prennent les analystes à contre-pied comme dimanche dernier. L’avenir apportera encore son lot de surprises. Souhaitons alors que se trouvent pour ces prochains rendez-vous des candidats, hommes et femmes, responsables et visionnaires, capables de faire honneur à cette politique à laquelle aspirent les citoyens.

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 19 avril 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières