Lendemains d’élections

agrandir Les élections municipales de 2014 ont été marquées par une abstention record.
Les élections municipales de 2014 ont été marquées par une abstention record. © Mortimer62 / Flickr / CC
Les élections municipales de 2014 ont été marquées par une abstention record.
Les élections municipales de 2014 ont été marquées par une abstention record. © Mortimer62 / Flickr / CC

Après deux semaines hautement politisées, Anne Ponce revient sur la débâcle de la gauche après le second tour des élections municipales de 2014.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 02/04/2014
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6853, du 3 avril 2014.

Échec. Gifle. Désaveu. On l’appelle comme on veut mais le résultat est là : pour François Hollande, les élections municipales ont sonné comme un cinglant avertissement. Dans l’histoire électorale, les municipales sont certes souvent difficiles pour le pouvoir en place mais, cette fois, la sanction est particulièrement sévère ; de très nombreuses municipalités ont basculé à droite.

Avertissement pour le président de la République, ces élections sont aussi un électrochoc pour l’ensemble de la classe politique. La mine des débatteurs sur les plateaux de télévision, dimanche 30 mars 2014, au soir, en disait long.

Car la forte abstention n’est pas une bonne nouvelle. Elle confirme une défiance croissante envers les hommes politiques. Une partie de la population ne se sent plus représentée et la situation s’aggrave, comme si plusieurs mondes coexistaient sans se rencontrer.

On voit ainsi les partis multiplier les « clubs de réflexion » d’experts mais abandonner leur ambition d’être des organisations de militants comme l’ont été, jadis, le rassemblement gaulliste, le PC et le PS.

►Son. Écoutez l’édito d’Anne Ponce du 2 avril 2014.

 

Par qui se sentent alors écoutés et compris aujourd’hui les milieux populaires et les classes moyennes ? De toute évidence, pas par les partis traditionnels ni par les syndicats, pas plus que par les relais d’opinion ou beaucoup de médias. Comment s’étonner alors que le Front national occupe le terrain ?

Pire encore que la méfiance envers les hommes politiques, la défiance touche la politique elle-même. Elle témoigne d’un doute sur notre capacité collective à agir réellement sur le chômage, la sécurité, les impôts.

Au cœur de la mondialisation, la France est-elle encore maîtresse de son destin ? Telle est la question que beaucoup de gens se posent. En ce sens, l’abstention est aussi le symptôme d’une espérance déçue envers un État que l’on fustige mais dont – paradoxe – on attend aussi énormément (trop, peut-être ?).

Malgré tout, je persiste et signe ce que j’écrivais avant le premier tour. Je mentionnais alors qu’un électeur sur 49 s’était porté candidat pour ces élections, indice quand même d’une certaine vitalité citoyenne. Aujourd’hui, 560 000 personnes sont élues et nous comptons sur elles pour faire vivre une démocratie de proximité. Nos vœux les accompagnent !

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 19 avril 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières