Le foot au-delà du foot

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L'édito d'Anne Ponce. © Eric Garault
L'édito d'Anne Ponce.
L'édito d'Anne Ponce. © Eric Garault

Entre foot et religion, les affinités sont évidentes.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 13/05/2014
  • Publié par :Anne Ponce, directrice de la rédaction
  • Édité par :Nicolas Gateau
  • Publié dans Pèlerin
    6654, du 10 juin 2010.

La coupe du monde, c’est parti ! Tout un mois de football, 64 matchs disputés entre le 11 juin et le 11 juillet. Les supporters préparent leur drapeau et leur téléviseur ; les autres sont sceptiques. Il est vrai que le foot charrie son lot de violence, de débauches d’argent et d’excès en tous genres. Vrai aussi que l’entrée dans les stades sera hors de portée pour la très grande majorité de la population sud-africaine. Et pourtant, le foot dépasse le foot. En 2004, lorsque la Fifa (Fédération internationale de football association) a choisi l’Afrique du Sud parmi les pays candidats, ce fut un motif de fierté pour tout le continent.

La confiance accordée pour organiser cet événement planétaire était une forme de reconnaissance de la capacité de l’Afrique à entrer dans le concert des nations. Le sport dépasse le sport. Dans les années 1970, le réchauffement des relations entre les États-Unis et la Chine a commencé par une rencontre de tennis de table : ce fut la « diplomatie du ping-pong », prémices de discussions politiques au plus haut niveau.

On rêve un jour de matchs de football entre les équipes israélienne et palestinienne. Mieux vaudrait des tacles, même virils, que des attentats à la bombe ou des batailles de flottilles. Le foot, ce sont donc 22 hommes qui courent après un ballon mais aussi des émotions, des relations, une communion. Entre foot et religion, les affinités sont alors évidentes. Il y a la ferveur des foules, la dimension universelle, les signes de croix et autres prières avant le début des matchs. On peut trouver d’autres similitudes.

Le foot a besoin de stars, la religion aussi. Car quand les champions manquent, c’est toute la foule des pratiquants – avec cramponsou missel – qui doute : quand on a un Zidane ou une soeur Emmanuelle dans son camp, il est plus facile de se sentir pousser des ailes. Enfi n, on a longtemps dit : « Le football est un sport qui se joue à 11 et où l’Allemagne gagne à la fi n. » Dans l’Église, pour l’instant, le capitaine reste allemand (Benoît XVI). Aujourd’hui pourtant – dans le foot comme dans l’Église –, si l’Europe reste une valeur sûre, la ferveur populaire vient d’Amérique latine tandis que la spontanéité, la créativité et la jeunesse sont africaines. Vienne l’heure de l’Afrique !

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Paru le 5 avril 2018

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