La pause curling

agrandir Le curling : une autre façon de vivre au rythme des JO.
Le curling : une autre façon de vivre au rythme des JO. © German Poo Mano / Flickr / CC
Le curling : une autre façon de vivre au rythme des JO.
Le curling : une autre façon de vivre au rythme des JO. © German Poo Mano / Flickr / CC

Anne Ponce revient sur les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi de février 2014 et notamment sur sa passion du curling.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 19/02/2014
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6847, du 20 février 2014

Les mauvaises nouvelles dans l’actualité, c’est tous les jours. Les sujets qui fâchent, toutes les semaines. Les chiffres du chômage, tous les mois. Les conseils de classe de mes enfants, tous les trimestres. Les entretiens annuels d’évaluation avec mon patron, tous les ans.

Pas toujours facile tout ça… En revanche, les Jeux olympiques d’hiver n’ont lieu, pour leur part, que tous les quatre ans. Je m’autorise donc aujourd’hui la pause curling.

Regarder les JO devant son petit écran, c’est en effet la garantie de s’évader et même d’entrer dans une autre dimension. Quelques preuves ? Ces sports improbables comme le skeleton (130 km/h à plat ventre sur une planche, la tête en bas) ou le slopestyle (ski acrobatique).

Le sourire irrésistible de Martin Fourcade sur les podiums du biathlon. La joie de l’équipe française de ski de fond après la médaille de bronze au relais 4 x 10 kilomètres. L’aplomb de Coline Mattel, médaille de bronze en saut à skis, à 18 ans.

►Son. Écoutez l’édito d’Anne Ponce.

 

Et les commentaires supralyriques de Nelson Monfort pendant ces « for-mi-da-bles » épreuves de patinage de vitesse sur « l’ambiance é-lec-trique » des tribunes et la « plastique avantageuse » (!) des athlètes : à prendre au premier ou second degré… à votre avis ?

Tout cela ne vaut cependant pas le curling. Pour moi, le curling est aux Jeux olympiques d’hiver ce que Ionesco est au théâtre et Dali à la peinture. On ne sait jamais si on est dans l’absurde ou le sublime, ou les deux à la fois.

Tant de sérieux et de concentration pour faire glisser une pierre de granite poli de 19,960 kg vers une cible dessinée sur la glace. La maîtrise de la cinétique, la science de la glaciologie et l’art du balayage à vitesse supersonique comme réunis dans une même discipline.

Quand je vous dis qu’on passe dans une autre dimension… Voilà, c’était mon instant JO, ma pause curling.  À inscrire dans la colonne « Les petits riens qui font du bien », si futiles mais si indispensables à l’humanité.

Car l’actualité aussi, tout comme la vie, est faite de ces pousses résistantes de futilité heureuse. Les Jeux olympiques d’hiver, ce n’est que ça mais c’est tout ce que je leur demande.

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Paru le 18 janvier 2018

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