La pâque du catholicisme français

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Distribution de paniers-repas par l'association Août secours alimentaires, à la paroisse Sainte-Marie-des-Vallées, à Colombes (Haust-de-Seine), en 2014. © Corinne Simon / Ciric
Distribution de paniers-repas par l'association Août secours alimentaires, à la paroisse Sainte-Marie-des-Vallées, à Colombes (Haust-de-Seine), en 2014.
Distribution de paniers-repas par l'association Août secours alimentaires, à la paroisse Sainte-Marie-des-Vallées, à Colombes (Haust-de-Seine), en 2014. © Corinne Simon / Ciric

L’avenir du catholicisme ne se joue pas dans les sacristies, comme le révèle Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin. Mais alors où donc ?

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 02/04/2015
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6905, du 2 avril 2015

Pas la peine de se voiler la face : un certain catholicisme se meurt en France. La sécularisation poursuit son œuvre ; le nombre de baptêmes, d’inscriptions au catéchisme ou de mariages à l’Église s’est effondré.

Les structures traditionnelles se délitent : impossible de maintenir à l’identique le maillage paroissial, l’organisation classique des diocèses ou l’entretien de bâtiments inadaptés.

La fatigue due à l’empilement des tâches – dit aussi « syndrome des casquettes multiples » – guette les prêtres, de moins en moins nombreux, tandis que l’épuisement d’une langue d’Église devenue incompréhensible au plus grand nombre se révèle plus problématique encore.

Dans le même temps surgit un autre visage du catholicisme. Un catholicisme qui retrouve une crédibilité existentielle, spirituelle et intellectuelle.

Ils ne sont plus rares aujourd’hui les artistes, écrivains ou chefs d’entreprise qui assument tranquillement leur foi chrétienne au détour d’une interview dans les médias.

Le pape François contribue à la nouvelle donne, présentant de l’Église une image bienveillante et signifiante.

À l’intérieur même de l’institution, des initiatives fleurissent et… une certaine culture du débat recommence même à pointer son nez !

Alors bien sûr, des polémistes continuent de coller aux croyants une image de gens coincés, ringards et attardés mais… cela ne marche plus à tous les coups.

C’est donc dans une profonde mutation qu’est engagé le catholicisme en France. L’actualité pointe quelques enjeux : œuvrer à une laïcité apaisée, agir pour le vivre-ensemble, nourrir de son expertise en humanité les débats essentiels.

Reste aussi à proposer des voies renouvelées pour honorer une soif de spiritualité qui ne se dément pas ou pour accompagner chaque personne dans des parcours de vie de moins en moins linéaires.

Les défis sont donc immenses et, comme on le voit, il ne s’agit pas d’être obnubilés par des questions d’organisation interne ; l’avenir de l’Église ne se joue pas d’abord dans les sacristies mais sur les parvis, « aux périphéries » selon les mots du pape.

Il faut donc accepter que certaines choses meurent pour que naisse du nouveau. N’est-ce pas d’ailleurs le sens du message chrétien ? Belles fêtes de Pâques ! 

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Paru le 14 juin 2018

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