La foi à quatre mains

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Anne Ponce © William Beaucardet
Anne Ponce
Anne Ponce © William Beaucardet

Publié le 5 juillet 2013, l'encyclique Lumen Fidei est un document solide, à méditer en cette Année de la foi. Dans son édito, Anne Ponce commente la publication de ce texte.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 10/07/2013
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Alice Meker
  • Publié dans Pèlerin
    6815, paru le jeudi 11 juillet 2013.

Un pape, ça fait des « bulles ».

Enfin plutôt des « lettres encycliques », puisque depuis la fin du XIXe siècle, on ne parle plus de « bulles » pour les documents apostoliques pontificaux.

La publication de Lumen fidei (« la Lumière de la foi ») n'est donc pas en soi une surprise.

Publié le 5 juillet, ce texte est un document solide, à méditer en cette Année de la foi.

Ce qui est plus surprenant, en revanche, c'est sa forme.

En effet, cette lettre encyclique est à la fois la dernière de Benoît XVI et la première du pape François.

Quatre mains, deux papes, une signature : la singularité de ce texte est un message en soi.

Quatre mains.

C'est le pape François lui-même qui a parlé d'un travail « à quatre mains » pour cette encyclique.

On savait que Benoît XVI en avait entamé la rédaction avant sa renonciation pour compléter sa trilogie sur les trois vertus cardinales après la parution de ses lettres sur l'espérance (Spe salvi) et la charité  (Deus caritas est).

L'essentiel de ce nouveau texte porte incontestablement sa marque : un travail de théologien, précis et didactique.

Mais on y décèle aussi la « patte » du pape actuel avec son style plus direct et plus pastoral.

« Quatre mains » comme quatre Évangiles : la foi peut se dire dans des sensibilités et des cultures diverses.

Deux papes.

Le pape François a repris à son compte le texte de son prédécesseur.

Beau geste de reconnaissance et de continuité.

Il illustre la parole de saint Paul : « Je vous ai transmis ce que j'ai moi-même reçu. »

La foi chrétienne se transmet de témoin en témoin comme dans une course de relais.

Remarquons que l'encyclique est datée symboliquement du 29 juin, jour où l'on fête à la fois Pierre et Paul, deux apôtres, deux personnalités fortes et singulières, comme le sont aujourd'hui François et Benoît !

Une seule signature.

Mais le texte est paraphé du seul pape François.

« Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » comme le dit la liturgie.

L'expression de la foi chrétienne est comme une symphonie : une pluralité d'instruments au service de l'unité et de l'harmonie.

Quatre mains, deux papes, une seule signature.

Et maintenant une pluralité de lecteurs pour continuer à transmettre la « lumière de la foi ».

Quatre mains, deux papes, une signature pour la première encyclique du pontificat.

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Paru le 5 avril 2018

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